L'école, tout un programme
LA MINISTRE DE L'ÉDUCATION PRÉSENTE LE NOUVEAU CURRICULUM NATIONAL
Montréal, le 30 septembre 1997. C'est «tout un programme» que la ministre de l'Éducation, Mme Pauline Marois, a proposé aujourd'hui aux élèves, à leurs parents, aux enseignantes et aux enseignants, aux autres membres du personnel scolaire et à l'ensemble de la communauté québécoise. La ministre a en effet rendu public son énoncé de politique éducative, fondement de la réforme du curriculum qui s'engage maintenant.
«C'est un curriculum national que je propose aujourd'hui, qui comportera des contenus obligatoires faisant l'objet d'une évaluation et d'une sanction», a insisté la ministre. «Il n'y aura donc pas de double norme, selon le projet éducatif de l'école, la région où celle-ci est située ou la catégorie d'élèves visés. La formation de base sera de même nature et de même qualité, partout sur le territoire québécois : il s'agit du principal facteur d'égalité des chances, et sur cela, nous ne ferons aucun compromis.»
Rappelant que l'école doit à la fois instruire, socialiser et qualifier les jeunes, Mme Marois a précisé quelles conditions devaient être réunies pour que chaque établissement constitue un environnement éducatif favorable à la réussite du plus grand nombre : une insistance mise sur les apprentissages fondamentaux; un enrichissement culturel du «menu scolaire»; une plus grande rigueur dans les apprentissages proposés; une attention particulière accordée à chaque élève; un accès aux bases de la formation continue; une organisation scolaire mise au service des élèves.
La grille-matières
Le curriculum national assurera une formation de base commune du début du primaire jusqu'à la fin du premier cycle du secondaire, puis une formation plus diversifiée, au second cycle du secondaire. Cinq grands domaines d'apprentissage seront privilégiés.
Dans le domaine des langues, un accent nouveau sera mis sur la langue d'enseignement, au cours des six années du primaire et des cinq années du secondaire. Le français, langue seconde, sera enseigné dès la première année et l'anglais, langue seconde, dès la troisième année. Une troisième langue pourra s'ajouter, à titre de matière à option, au secondaire.
L'apprentissage des sciences et de la technologie se fera de façon mieux intégrée, à partir de la troisième année du primaire. Les élèves feront des mathématiques tout au long de leurs études primaires et secondaires.
L'univers social sera présenté aux élèves dans des cours d'histoire et d'éducation à la citoyenneté, de la 3e primaire à la 4e secondaire, de géographie, de la 3e primaire à la 2e secondaire, et de connaissance du monde contemporain, en 5e secondaire.
Les arts seront enseignés de façon obligatoire du début du primaire jusqu'en 2e secondaire.
Le développement personnel sera assuré, notamment, au moyen des cours d'enseignement moral ou religieux et d'éducation physique et à la santé et ce, à tous les échelons du primaire et du secondaire.
Des matières à option seront offertes aux élèves à compter de la 3e secondaire.
Au primaire, toutes les matières devront être enseignées à chaque année. Dans certaines matières, une partie du temps n'est pas allouée, cela afin de permettre d'adapter ou d'enrichir l'enseignement. Les programmes seront mis à jour de façon à déterminer clairement les contenus essentiels dans chaque matière et ces contenus obligatoires feront l'objet d'une évaluation, ce qui implique un temps minimum pour chacune de ces matières.
Au secondaire, l'enseignante ou l'enseignant disposera d'une marge de manoeuvre, à l'intérieur de chaque programme, pour mieux assurer la réussite de ses élèves.
Les compétences transversales
L'ensemble des programmes d'études et des activités organisées par l'école devront permettre aux élèves d'acquérir un certain nombre de compétences indispensables à leur réussite. Pour se former au travail intellectuel, les élèves devront, par exemple, exercer leur mémoire, entreprendre un projet et le mener à terme, développer leur sens critique, l'entrepreneurship, l'autonomie et l'initiative.
Ils devront aussi parvenir à organiser un travail, travailler en équipe et à utiliser les outils mis à leur disposition, notamment en matière de nouvelles technologies de l'information et de la communication.
D'autres compétences à acquérir ont trait aux attitudes et aux comportements : respect des différences, esprit d'initiative, observation des règles liées à la conservation de la santé.
Un accent particulier sera mis, dans toutes les matières et dans toutes les situations, sur les compétences liées à la maîtrise de la langue parlée et écrite.
La suite des événements
Mme Marois a profité de l'occasion pour annoncer la création de la Commission des programmes, qui aura le mandat de lui donner des avis et de lui faire des recommandations sur les orientations des programmes d'études et sur la conformité de chacun des programmes à ces orientations. La ministre approuvera le cadre d'élaboration des programmes et les programmes eux-mêmes.
La ministre a aussi indiqué que la politique ministérielle d'évaluation des apprentissages serait revue et que les pratiques de sanction des études seraient renforcées.
En outre, les programmes universitaires de formation du personnel enseignant seront réexaminés. De nouvelles orientations en matière de formation continue du personnel enseignant seront proposées. Les nouveaux contenus de formation seront implantés progressivement à compter de l'année scolaire 1999-2000.
«Oui, c'est tout un programme qui nous attend! Ses exigences ne doivent pas occulter son urgence. Le changement qu'il représente doit être apprécié à la lumière de son seul objectif : assurer le virage vers le succès», a conclu la ministre.