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LANCEMENT DE LA STRATÉGIE MINISTÉRIELLE POUR
L'INTERNATIONALISATION DE L'ÉDUCATION QUÉBÉCOISE

NOTES POUR LA CONFÉRENCE DE PRESSE
DE MONSIEUR SYLVAIN SIMARD
MINISTRE D'ÉTAT À L'ÉDUCATION ET À L'EMPLOI

« L'INTERNATIONALISATION : UN AXE STRATÉGIQUE POUR
L'ÉDUCATION QUÉBÉCOISE…
UNE STRATÉGIE MUTUELLEMENT AVANTAGEUSE »

QUÉBEC
CENTRE D'INTERPRÉTATION DE LA PLACE ROYALE

7 NOVEMBRE 2002

(Version lue fait foi)


Mesdames et messieurs,

C'est pour moi un grand plaisir de vous présenter aujourd'hui la Stratégie ministérielle pour l'internationalisation de l'éducation québécoise.

Internationalisation et éducation vont de pair

D'abord, un rappel : l'éducation québécoise « s'internationalise » d'elle-même depuis quelque 40 ans. Depuis que le Québec a connu sa Révolution tranquille nos milieux d'éducation ont le goût du monde, ont envie de se projeter sur la planète, mais aussi de la recevoir chez elle.

Aussi, Internationalisation et éducation vont de pair pour le gouvernement du Québec, — et ce depuis longtemps — puisqu'il a fait ses premiers pas dans le monde des relations internationales par le truchement du monde de l'éducation. Dès 1965, il signait une entente avec la France dans le secteur de l'éducation et de la formation technique afin de promouvoir l'échange de professeurs et de chercheurs universitaires, le perfectionnement des enseignants, l'élaboration de programmes scolaires, ainsi qu'une plus grande mobilité des étudiants.

Dans les dernières décennies, à la faveur de bouleversements politiques et de progrès techniques fulgurants, le mouvement de l'internationalisation s'est fortement intensifié.

Cela signifie, concrètement que le Québec reçoit des gens de partout. En 2001, les universités québécoises reçoivent 16 592 étudiants étrangers et plus de 11 000 étudiants du reste du Canada. Parmi les étudiants étrangers, nous retrouvons plus de 2000 des États-Unis ; plus 4500 de la France, 450 du Mexique, plus de 950 du Maroc et plus de 550 de la Chine1.

L'internationalisation se manifeste pour ainsi dire « dans les deux sens » : car le reste du monde accueille aussi le Québec. En tout, le Ministère consacre annuellement près de 72 millions de dollars à des activités et programmes liés à l'internationalisation. Le Québec peut comme jamais dans son histoire se targuer de faire sa marque de diverses façons aux quatre coins de la planète.

Le Ministère contribue donc depuis longtemps à ce mouvement. Mais il souhaite faire mieux, avec le concours de ses partenaires et en les appuyant. Le Ministère est loin d'être seul dans ce domaine. Nous formons avec eux une équipe qui s'est donné pour but de réussir l'internationalisation de l'éducation québécoise, c'est-à-dire de contribuer à un mouvement mutuellement profitable d'échange de connaissances, de compétences et de personnes.

C'est pour cette raison qu'on use du mot de « stratégie ».

  • Grâce à la stratégie,
    • nous clarifions les champs d'intervention et les priorités du Ministère à l'international.
    • nous instituons la concertation entre les différents intervenants pour que celle-ci se fasse en continue, de façon durable et efficace.
    • Aussi, pour que cette concertation se fasse de façon informée, notre stratégie comporte un important volet de veille qui nous permettra d'être à l'affût des expériences, concluantes ou non, qui sont tentées à l'étranger. Cette veille spécifique à l'internationalisation de l'éducation sera intégrée à la veille générale, en interaction avec ses partenaires et en étroite complémentarité avec l'Observatoire québécois sur la mondialisation.

Le contenu de la stratégie

Précisons encore : qu'y a-t-il dans cette stratégie?

Quatre axes, qui permettront tous d'insuffler une cohérence plus grande et un nouvel élan au très grand nombre d'actions déjà entreprises par le Ministère et ses partenaires.

1er axe :

Le premier a pour but de favoriser l'inscription, dans les contenus et les activités pédagogiques des élèves, des étudiantes et étudiants, des professionnels et de toutes personnes qui portent intérêt à l'éducation, des valeurs humaines et démocratiques de l'internationalisation, de même que des compétences nécessaires à la réussite des individus dans un monde de plus en plus globalisé. Il s'agit au fond de faire entrer le monde autant que possible dans nos contenus.

Déjà, la réforme de l'éducation entreprise après les États généraux introduit des programmes d'études qui intègrent la préoccupation interculturelle et internationale dans chacune des disciplines scolaires. Elle intensifie l'étude des langues, de l'histoire et de la géographie. Il faudra poursuivre dans cette voie et continuer d'innover.

2e axe :

Le deuxième axe est celui de la mobilité des connaissances et des personnes. Il s'agit donc de favoriser le déplacement des connaissances et des personnes, que ce soit pour des stages d'élèves, d'étudiants, de professeurs, par des échanges de chercheurs en face à face ou par l'entremise de réseaux virtuels d'information ou de formation à distance.

Nous n'oublions pas le mouvement inverse : la mobilité vers le Québec. On pense ici au recrutement à l'étranger, aux conditions à mettre en place pour attirer ces clientèles et, par la suite, aux conditions liées à l'accueil de ces clientèles en sol québécois. Rappelons que la stratégie doit être mutuellement avantageuse.

3e axe :

Le troisième axe s'articule autour de l'exportation du savoir-faire québécois en éducation. Le Québec exporte déjà des savoirs, des cours, des programmes d'études ou des méthodes, telle l'approche par compétence, la refonte de systèmes éducatifs, etc. Ces opérations sont surtout menées par les établissements des réseaux, mais aussi parfois par le Ministère.

Elles font l'objet d'un soutien financier et logistique du MEQ quant à leur promotion notamment. Nos partenaires et nous croyons que ces interventions auraient tout avantage à être encouragées, et mieux connues et partagées par toutes les personnes intéressées.

4e axe :

Le quatrième axe concerne le rayonnement et le positionnement du Québec à travers la participation du Ministère et des représentants de ses réseaux aux forums internationaux sur l'éducation et la formation où, notamment, des alliances se tissent et de multiples accords et ententes sont négociés et conclus.

Le positionnement du Québec en éducation sur la scène internationale s'exprime tant par la participation des acteurs de l'éducation québécoise à l'étranger que par l'affirmation de ses compétences internes.

Exemple : Confemen

Par exemple, j'irai prochainement défendre les positions du Québec auprès de mes collègues ministres de l'éducation de la Francophonie à la réunion de la CONFEMEN, à Ouagadougou, au Burkina Faso.

Les négociations multilatérales

Je tiens à dire que les positions du Québec sur l'éducation sont fermes, notamment à l'égard des accords multilatéraux sur le commerce.

Et comme on le sait, il y en a plusieurs qui sont en cours de négociation, notamment ceux de la Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) et de l'Accord général sur le commerce des services (AGCS). Dans le champ de l'éducation, qui est de sa compétence exclusive, le Québec doit se montrer extrêmement vigilant et attentif aux enjeux et aux effets potentiellement pervers de ces ententes.

J'ai l'intention de m'assurer que dans toutes les négociations d'accords de commerce international, la position québécoise est la même, c'est-à-dire, que l'éducation n'est pas négociable, ce n'est pas une marchandise.
Car, l'éducation fait partie des secteurs qui façonnent l'identité québécoise dans les Amériques et pour lesquels l'État Québécois doit conserver toute sa liberté d'action.

La diversité culturelle

Autrement dit, dans un contexte de mondialisation, l'éducation doit plus que jamais être une priorité fondamentale de la société québécoise. Et par cette stratégie, c'est ce que nous faisons. Le Québec s'en tire déjà assez bien, comme le montrent la forte progression de ses échanges internationaux. Mais nous devons aller encore plus loin. Nous devons pouvoir compter sur un système d'éducation de classe mondiale, un système qui allie la recherche de la qualité et de l'excellence à la quête de la réussite pour tous.

Mais répondre aux exigences de la mondialisation, c'est aussi exercer une étroite vigilance pour prévenir les dérapages qui mettraient en péril le maintien et la promotion des identités nationales et des valeurs propres à chaque culture. Tout comme le recteur de l'Université de Sherbrooke, Bruno-Marie Béchard, je me réjouis de la présente mobilisation étudiante à l'échelle panaméricaine parce qu'elle considère l'éducation non pas comme un objet de commerce, mais plutôt comme un moyen capital pour les peuples d'assurer leur pérennité.

L'Assemblée nationale et le gouvernement du Québec ont adopté et fait connaître sur la scène internationale, dans toute la mesure de leurs moyens — encore limités par notre statut politique —, des positions fermes sur la nécessité pour les États de conserver leur pleine liberté de promouvoir leur identité culturelle. Mais il faut en faire davantage pour que soit mis en évidence la place centrale que doit tenir l'éducation, dans le dossier de la diversité culturelle.

Le gouvernement du Québec a appuyé la création d'une Coalition pour la diversité culturelle. La mise en place de l'Observatoire québécois de la mondialisation, qui est une clé de notre Stratégie, suscitera l'émergence d'un mouvement semblable dans le monde de l'éducation.

Sans paniquer, il faut prendre conscience des enjeux et nous mobiliser. Au sein de forums importants, liés à l'OMC, certains pays, notamment les États-Unis, souhaitent une libre circulation de l'éducation comme si elle était un bien ou une marchandise ou un service comme un autre.

L'éducation est au cœur de notre identité comme peuple, perdre — même partiellement — le contrôle sur cette donnée essentielle de notre vie collective, c'est renoncer à notre existence, à notre culture nationale. Puisque que le gouvernement canadien, qui n'a aucune compétence constitutionnelle en éducation, tient soigneusement le Québec à l'écart de ces débats, il faut redoubler de vigilance.

Au sein de l'Observatoire de la mondialisation, comme dans nos milieux de vie, il faut alerter tous et chacun de ces risques. J'ai l'intention d'y revenir régulièrement tant que nous n'aurons pas écarté cette menace très sérieuse qui plane sur notre avenir collectif.

En conclusion

En somme, cette stratégie, qui combine

  • la défensive et l'offensive;
  • l'esprit d'équipe;
  • la volonté de toujours faire mieux, de se dépasser;
  • la volonté de multiplier des rencontres et des échanges fructueux.

… nous permettra d'atteindre notre objectif : de fournir à chaque citoyenne et citoyen les conditions nécessaires à l'acquisition des connaissances et des compétences essentielles qui lui permettent non seulement d'évoluer, mais encore d'exceller, autant dans son environnement immédiat que dans un univers mondialisé.

Merci

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1-  Chiffres fournis par le cabinet du ministre, É. De la Sablonnière

 
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