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Document
de consultation
Vers une politique de la formation continue
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TABLE
DES MATIÈRES
Introduction
1
La formation continue au Québec : évolution et conséquences
2
Les points d'ancrage de la formation continue
3
Les voies d'action pour accroître l'accessibilité à
la formation continue
4
LES CONDITIONS DE RÉALISATION ET DE RÉUSSITE
Conclusion
Annexe 1
Liste
des membres du comité ministériel sur le projet de politique de
la formation continue
Annexe 2
Liste
des membres du comité-conseil sur le projet de politique de la formation
continue
Le plan d'action ministériel,
que j'ai rendu public en février 1997, ciblait l'accès à
la formation continue comme l'une des sept grandes orientations de la réforme
de l'éducation. On y affirmait que, pour prendre le virage du succès,
le Ministère et ses réseaux devaient, certes, s'intéresser
aux jeunes, mais qu'ils devaient être à l'écoute des besoins
de réorientation et de formation continue des adultes.
Sur ce chapitre, il est
vite devenu évident, au cours des travaux menés au sein de mon
ministère, que les objectifs fixés ne peuvent être tous
atteints par un seul projet ministériel de formation continue. D'où
le titre du présent document qui en annonce aussi l'intention : il faut
aller vers une politique gouvernementale de la formation continue.
Cela veut dire essentiellement
deux choses : d'abord, que ce document ne prétend pas constituer la seule
lecture, ni la lecture complète de la formation continue au Québec;
ensuite, que la mission de l'éducation n'épuise pas toutes les
contributions nécessaires pour répondre aux besoins criants des
individus et des collectivités.
C'est pourquoi, dans ce
document de consultation, tous nos partenaires sont invités à
participer activement à la réalisation d'un projet aussi vaste
que complexe, qui comporte non seulement des engagements ministériels,
mais aussi les éléments essentiels d'une politique gouvernementale
de la formation continue au Québec.
La ministre de l'Éducation,
Pauline Marois
La formation continue, telle
qu'elle est conçue dans ce projet de politique, s'adresse à toute
personne qui a quitté l'école à un moment donné.
Elle désigne l'ensemble des apprentissages formels ou autres, grâce
auxquels les individus développent leurs aptitudes, acquièrent,
enrichissent et améliorent leurs connaissances et leur qualification
professionnelle en fonction de leurs propres besoins et de ceux de la société
1. Elle s'inscrit dans une perspective
d'éducation permanente, tout comme l'éducation de base qui doit
préparer les élèves à acquérir les rudiments
et les méthodes qui leur permettront de continuer à apprendre
tout au long de leur vie et en leur en donnant l'impulsion nécessaire2.
Table
des matières
Au Québec, des services
de formation continue sont donnés dans plusieurs réseaux, selon
des modalités et même des modèles variés. Un rapide
tour d'horizon permet de mesurer l'ampleur de l'offre de services dans ce domaine.
Au ministère de l'Éducation,
deux structures encadrent l'organisation des services : la structure des
établissements d'enseignement et celle de l'éducation populaire.
La formation continue est aussi accessible dans d'autres lieux dont notamment
les entreprises. Dans les établissements, elle est donnée à
trois ordres d'enseignement : le secondaire, le collégial et l'université.
Dans les établissements
À l'enseignement
secondaire, le gouvernement a adopté en 1994 un Règlement sur
le régime pédagogique applicable aux services éducatifs
pour les adultes en formation générale. Tout en confirmant les
pratiques antérieures, notamment en ce qui a trait à la démarche
andragogique, ce régime permet aux commissions scolaires d'offrir une
gamme variée de services qui visent à répondre à
divers besoins de la population : entrée en formation, francisation,
alphabétisation, intégration sociale, intégration socioprofessionnelle,
études présecondaires, premier et second cycles du secondaire
et préparation à l'entrée en formation professionnelle
ou au collège. La formation professionnelle est régie par un règlement
qui lui est propre, depuis 1994. Depuis la réforme de la formation professionnelle
de 1986, les services éducatifs s'adressent autant à la population
adulte qu'à celle des jeunes en continuité de formation. Cette
formation vise l'acquisition des compétences nécessaires à
l'exercice d'un métier. Elle peut conduire à l'obtention des diplômes
suivants : diplôme d'études professionnelles (DEP), sanctionnant
une formation professionnelle de base; attestation de spécialisation
professionnelle (ASP); attestation de formation professionnelle (AFP), menant
à l'exercice de métiers semi-spécialisés ou attestation
de formation consécutive à des activités de formation sur
mesure.
À l'enseignement
collégial, en vertu du Règlement sur le régime des études
collégiales, deux voies de formation s'offrent aux adultes : des
programmes conduisant à l'obtention du diplôme d'études
collégiales (DEC), en formation préuniversitaire et en formation
technique; des programmes menant à l'obtention d'une attestation d'études
collégiales (AEC), en formation technique. Par ailleurs, les cégeps
peuvent, en vertu de l'article 6.0.1 de la Loi sur les collèges d'enseignement
général et professionnel, contribuer au développement de
leur région en offrant des activités de formation sur mesure répondant
aux besoins des entreprises : il s'agit d'activités de formation de la
main-d'oeuvre. Cependant, les programmes et les cours de formation sur mesure
ne conduisent pas toujours à l'obtention d'unités en vue de la
sanction des études.
À l'enseignement
universitaire, la formation continue est désignée le plus souvent
par les expressions «formation courte» ou «formation sur mesure».
Les activités de formation continue sont de la responsabilité
exclusive des universités en ce qui a trait à la mise en oeuvre
de leurs programmes d'enseignement. Les objectifs auxquels répond la
formation continue universitaire sont de différents ordres : formation
de base, pouvant être intégrée dans un baccalauréat;
formation de base multidisciplinaire, plutôt destinée aux titulaires
d'un diplôme d'études collégiales pour leur faciliter l'accès
à l'université; formation complémentaire, pour des individus
possédant déjà un baccalauréat; perfectionnement
professionnel, pour des personnes déjà sur le marché du
travail.
Il faut enfin souligner
qu'à l'enseignement supérieur, les adultes ayant des objectifs
d'ordre culturel peuvent également s'inscrire à des cours, sans
pour autant s'engager dans un programme complet de formation. De plus, des séminaires
et des cours sont offerts aux personnes du troisième âge dans certaines
universités.
Dans les organismes
d'éducation populaire
À l'éducation
populaire, la formation continue a pour objet la mise en oeuvre d'activités
visant la participation d'adultes ou de groupes d'adultes à une démarche
éducative favorisant le développement d'une plus grande autonomie
ainsi que la prise en main de leurs conditions de vie et de celles de leur milieu.
Elle permet également aux personnes et aux membres d'une collectivité
de remplir, de manière active et critique, leur rôle de citoyennes
et de citoyens.
Dans les entreprises
En vertu de la Loi favorisant
le développement de la formation de la main-d'oeuvre, 1 p. 100
de la masse salariale des entreprises est injecté dans la formation,
et ce, sans compter les fonds publics investis sous forme de crédits
d'impôt. En fait, un grand nombre d'entreprises dépassent largement
la contribution de 1 p. 100 prévue par la Loi.
En plus des formations reconnues
par le Ministère, d'autres formations non reconnues sont offertes par
les entreprises à leur personnel, en ayant recours à des établissements
d'enseignement publics ou privés.
Dans d'autres lieux
Plusieurs ministères
offrent des programmes de formation avec la collaboration de partenaires. Le
milieu syndical et celui des associations professionnelles font de même
à l'égard de leurs membres. Il s'agit généralement
de formations pour lesquelles aucune unité n'est attribuée.
Enfin, des individus prennent
l'initiative de s'inscrire à une formation dont ils acquittent eux-mêmes
les frais. Souvent, il s'agit d'une formation pour laquelle aucune unité
n'est attribuée et qui a trait, par exemple, à la maîtrise
des technologies de l'information et de la communication ou à l'apprentissage
d'une langue seconde, principalement offerte par le secteur privé.
Table
des matières
En s'appuyant sur les données
accessibles pour l'année 1996-1997, il est possible de se faire une idée
des effectifs rejoints par les services de formation continue.
Ainsi, 103 268
personnes se sont inscrites à des cours de formation générale,
dans les services d'éducation des adultes au secondaire. L'enveloppe
budgétaire allouée à l'éducation des adultes est
une enveloppe fermée établie, pour 90 p. 100, à
partir des réalisations des commissions scolaires l'année précédente;
les 10 p. 100 qui restent dépendent de variables socio-éducatives.
En outre, 57 929
adultes se sont inscrits à des programmes de formation professionnelle
au secondaire. C'est la sanction des études qui est à la base
du système de financement de ces services éducatifs. Les allocations
accordées aux commissions scolaires sont constituées d'un montant
par élève répondant aux exigences de l'obtention du diplôme,
applicable aux frais liés au personnel enseignant, au personnel de soutien
et aux ressources matérielles. Ces frais sont majorés de pourcentages
qui varient de 5 p. 100 à 15 p. 100, pour compenser
les abandons. Le recyclage et le perfectionnement de la main-d'oeuvre sont financés
par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité afin de favoriser
le développement de l'employabilité.
À l'enseignement
collégial, 46 435 adultes constituaient
l'effectif de la formation continue. Dans les cégeps, c'est le service
d'enseignement dans lequel un cours est suivi, soit à l'enseignement
ordinaire, soit à la formation continue, qui détermine la subvention
allouée à l'établissement.
À l'enseignement
universitaire, 58 703 personnes étaient
inscrites à des formations courtes à l'automne 1996. La formule
de financement actuel tient compte de l'ensemble des activités pour lesquelles
sont attribuées des unités, sans égard aux caractéristiques
de l'effectif étudiant. Par ailleurs, cette formule accorde une subvention
tributaire des variations de ce même effectif.
À l'éducation
populaire, 76 000 personnes ont été rejointes, dont
4 000 en alphabétisation populaire.
C'est donc près de
350 000 adultes qui ont eu recours à des activités
de formation continue, reconnues formellement ou non, et financées par
le ministère de l'Éducation.
Table
des matières
Des sommes considérables
sont investies chaque année dans la formation continue. Pour la même
année de référence, soit l'année 1996-1997, on peut
estimer à près de 2 200 000 000 $
cet investissement, ministères, établissements, entreprises, groupes
et regroupements confondus.
Au ministère de l'Éducation,
selon les données disponibles, un budget d'environ 700 000 0003 $
est réparti ainsi :
- 205 543 696 $, à
la formation générale, au secondaire;
- 286 260 955 $, à
la formation professionnelle;
- 46 000 000 $, au collégial;
- 130 000 000 $, à
l'université;
- 15 000 000 $, à
l'éducation et à l'alphabétisation populaires.
Ailleurs, selon les données
disponibles, une somme d'environ 1,5 milliard $ est
consacrée à la formation continue :
- au ministère de
l'Emploi et de la Solidarité, 640 000 000 $;
- au ministère des
Relations avec les citoyens et de l'Immigration, 46 000 000 $;
- au ministère de
l'Agriculture, 16 000 000 $;
- au ministère de
l'Environnement et de la Faune, 2 000 000 $;
- dans les entreprises,
pour l'année civile 1996, les données rassemblées par
le ministère du Revenu, au 30 septembre 1997, permettent de faire
une estimation indiquant que les dépenses de formation continue admissibles
en vertu de la Loi sur le développement de la formation de la main-d'oeuvre
devraient se chiffrer à environ 700 000 000 $ 4.
Table
des matières
Un certain nombre d'événements
sont venus ponctuer le rythme de développement de la formation continue
au Québec. Ces événements, par leur effet structurant,
mais aussi par leurs résultats cumulatifs, ont imprimé des tendances
lourdes de conséquences dans la mise en oeuvre des services, leur organisation
et leur financement.
Par exemple, l'Énoncé
d'orientation et plan d'action en éducation des adultes, publié
en 1984, et qui constituait en quelque sorte la première réponse
gouvernementale au rapport de la Commission d'étude sur la formation
des adultes, accordait la priorité aux formations qualifiantes, parmi
les orientations fondamentales retenues, et marquait le mandat de l'éducation
comme une mission de service par rapport aux réseaux de la main-d'oeuvre :
ce qui laissait peu de place à des programmes de formation répondant
aux besoins de développement personnel, social et collectif. L'Énoncé
privilégiait aussi l'approche de la formation sur mesure, signe d'une
«volonté d'ajustement» des pratiques du système éducatif,
dénonçant la frontière artificielle établie entre
jeunes et adultes, surtout à l'enseignement supérieur.
C'est en 1988 que s'est
concrétisée la reconnaissance officielle de l'éducation
des adultes dans les commissions scolaires. En effet, le Québec a modifié
la Loi sur l'instruction publique de façon à leur confier la responsabilité
de l'éducation des adultes au même titre que celle des jeunes.
Puis, en 1990, le ministère de l'Éducation procédait à
une fusion des services offerts aux jeunes et aux adultes, dans le domaine de
la formation professionnelle. L'année 1994 marquait, quant à elle,
la consolidation des pratiques en matière d'éducation des adultes
par l'instauration de règlements sur le régime pédagogique
applicable à la formation générale ainsi qu'à la
formation professionnelle.
Par ailleurs, conformément
à la réforme de l'éducation entreprise en 1996, le gouvernement
a, en 1997, apporté des modifications à la Loi sur l'instruction
publique par l'adoption de la Loi modifiant la Loi sur l'instruction publique
et diverses dispositions législatives, accordant une plus grande autonomie
aux centres de formation professionnelle et d'éducation des adultes.
Elle crée en outre des conseils d'établissement qui traduisent
mieux la composition des milieux social et local dans les centres d'éducation
des adultes et dans les centres de formation professionnelle. La Loi élargit
de plus les fonctions des commissions scolaires en matière de services
aux entreprises en permettant la réalisation de projets d'innovation
technologique.
Pendant ce temps, à
l'enseignement collégial, deux voies ont été élaborées
pour mieux répondre aux caractéristiques et aux besoins de la
population :
- d'abord, la création
de nombreux programmes de formation technique menant à des types différents
de sanction des études (attestations d'études collégiales,
certificats d'études collégiales, diplômes de perfectionnement
de l'enseignement collégial), puis leur regroupement sous l'appellation
d'attestations d'études collégiales;
- l'élaboration
de nouveaux modèles d'intervention dont celui de la formation sur mesure
5.
Table
des matières
À l'université,
le contenu des programmes de formation courte s'est sensiblement élargi
au cours des trente dernières années. Ces formations comprennent
des cours, des attestations, des microprogrammes, des certificats et des diplômes.
Cet élargissement a pu se concrétiser par la mise sur pied de
services particuliers de formation continue donnés dans les universités
à l'intention de leur population ainsi qu'à l'intention des entreprises,
aux premier, deuxième et troisième cycles. Ces modèles
de formation continue seront examinés au cours de la consultation sur
la politique gouvernementale à l'égard des universités6.
Sur le plan gouvernemental,
un grand nombre de ministères sont concernés par le dossier de
la formation continue. Mais c'est le ministère de l'Emploi et de la Solidarité
qui, dans ce domaine, est devenu le principal acteur, notamment par les mesures
actives d'insertion socioprofessionnelle qu'il a instaurées depuis quelques
années et qui requièrent une adaptation des capacités d'accueil
des établissements d'enseignement.
En 1995, l'entrée
en vigueur de la Loi favorisant le développement de la formation de la
main-d'oeuvre a accentué le rôle des entreprises en matière
de formation continue et sollicite constamment la capacité d'adaptation
des établissements scolaires. Le rapatriement récent des programmes
fédéraux de formation de la main-d'oeuvre, au Québec, vient
confirmer le rôle privilégié que joue Emploi-Québec
dans le secteur de la formation continue.
Enfin, une concertation
entre les réseaux de la main-d'oeuvre et ceux de l'éducation devra
être créée, étant donné l'implantation des
centres locaux d'emploi (CLE) par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité.
Les CLE offriront, dans un même lieu, des services destinés à
toute personne à la recherche d'un emploi ainsi qu'aux employeurs en
quête de main-d'oeuvre; le lien entre formation et emploi de même
que les différents modes de collaboration qu'il comporte devront donc
être clairement établis.
La Politique active du marché
du travail mise en oeuvre par le ministère de l'Emploi et de la Solidarité
renforce l'importance de la formation continue en ce qui a trait aux besoins
de la main-d'oeuvre. Cette politique repose sur cinq axes : la préparation
à l'emploi, l'insertion en emploi, le maintien en emploi, la stabilisation
en emploi et la création d'emplois. La formation continue doit tenir
compte des besoins de toutes les populations visées par ces cinq axes.
Finalement la création,
en vertu de la Loi sur le ministère des Régions, des centres locaux
de développement (CLD), devenant dorénavant les centres de développement
en matière d'entrepreneuriat, nécessite également que des
collaborations soient instaurées. De plus, l'élargissement du
mandat des conseils régionaux de développement (CRD) comme structure
de concertation régionale renforce la présence des partenaires
de l'éducation dans le développement socioéconomique des
régions.
Table
des matières
Le champ de la formation
continue s'est élargi considérablement, en particulier depuis
quelques années : si le ministère de l'Éducation a
pris le virage de la formation qualifiante, au bénéfice de la
reconnaissance sociale des diplômes décernés, le ministère
de l'Emploi et de la Solidarité a pris celui des mesures actives, confirmant
ainsi son rôle de premier plan dans la formation de la main-d'oeuvre.
Mais ces chemins distincts n'empêchent pas que le dossier de la formation
continue fasse l'objet d'une tension dynamique entre le référentiel
de la qualification acquise par l'expérience et celui des diplômes,
entre la place accordée aux parcours normalisés et celle qui est
faite aux parcours individuels, entre des besoins d'employabilité immédiats
et des besoins de formation générale élargis; entre des
besoins liés au développement économique et des besoins
liés au développement personnel.
En d'autres termes, la formation
continue doit permettre à l'adulte ne possédant aucune qualification
d'acquérir celle qui lui permettra d'intégrer ou de réintégrer
le marché du travail (préparation à l'emploi et insertion)
et elle doit faciliter l'adaptation des travailleuses et des travailleurs à
l'évolution du marché du travail (maintien, stabilisation de l'emploi
et création d'emplois).
Aussi, pour être productive,
une concertation plus résolue entre les principaux acteurs, tant sur
le plan national que régional ou local, doit nécessairement être
établie. L'éducation est concernée au plus haut point,
même si elle n'est plus le principal bailleur de fonds de la formation
continue : elle demeure néanmoins le principal lieu de l'offre de
services qualifiants. Parce que les investissements externes sont devenus plus
importants, surtout dans le contexte du rapatriement des fonds fédéraux
alloués à la formation de la main-d'oeuvre, le moment est venu
de préciser les nouvelles relations de partenariat entre les deux ministères :
elles pourraient s'exprimer dans la réciprocité, le partage d'expertise
et, dans certains cas, dans la responsabilité commune. Ces exigences
trouvent un nouveau terrain d'expression dans la volonté gouvernementale
d'accorder une plus large autonomie aux milieux locaux et régionaux.
Dans le secteur de l'éducation, la création de conseils d'établissement
des centres de formation professionnelle et des centres d'éducation des
adultes, la capacité des établissements d'enseignement collégial
à mettre en place des programmes conduisant à des attestations
d'études collégiales traduisent cette plus grande marge de manoeuvre
laissée aux établissements pour répondre aux besoins de
formation continue de la main-d'oeuvre et, plus largement, aux besoins des individus.
Table
des matières
La politique de
la formation continue doit trouver ses points d'ancrage dans les besoins des
individus et des collectivités de même que dans les objectifs gouvernementaux.
L'analyse du contexte social
contribue à mettre en lumière un ensemble de besoins de formation
auxquels les adultes devront trouver réponse s'ils veulent pouvoir jouer
à fond leurs rôles sociaux, que ce soit comme travailleuses et
travailleurs, citoyennes et citoyens ou parents. L'avenir de la société
en dépend.
La formation de
base
Une solide formation de
base constitue, désormais, le préalable de toute formation ultérieure
ou de l'obtention d'une qualification professionnelle. Le Québec a enregistré
une augmentation totale de la scolarisation au cours des dernières décennies
: la proportion d'adultes qui ont atteint la e année est passée
de 57,7 à 81,9 p. 100, de 1971 à 1996; la proportion
de personnes diplômées du secondaire est passée de 53,9
à 64,5 p. 100, de 1981 à 1996, alors que l'accès
à l'université a doublé.
L'alphabétisation
Malgré ce progrès,
quatre Québécois sur dix avaient une scolarité inférieure
à la moyenne canadienne, selon les données du recensement de 1991;
plus d'un million d'entre eux n'avaient pas dépassé huit années
d'études, ce que confirme l'Enquête internationale sur l'alphabétisation
des adultes, menée en 1994 et 1995 dans douze pays membres de l'Organisation
de développement et de coopération économique (OCDE). Si
le phénomène est plus marqué chez la population plus âgée,
il demeure néanmoins important chez les personnes plus jeunes et chez
celles d'âge moyen : parmi les Québécois de 20 à
44 ans, une personne sur cinq n'a pas terminé ses études secondaires.
Les adultes faiblement alphabétisés
et sous-scolarisés éprouvent de nombreuses difficultés.
Ils sont, plus que les autres, exposés au chômage, à la
paoeuvreté et à l'exclusion sociale.
Notre société
- et notamment l'école - doit assumer ses responsabilités à
l'endroit de celles et de ceux qui, pour diverses raisons, n'ont pas pu atteindre
les seuils de formation considérés aujourd'hui comme minimaux.
Au-delà de la nécessité d'améliorer les conditions
de vie de ces individus, il est clair que le développement du Québec
risque d'être grandement compromis si des efforts plus concertés
ne sont pas faits pour hausser le niveau culturel et la qualification professionnelle
des adultes.
Le message que nous livrent
les données statistiques est clair : le rattrapage en matière
d'alphabétisation et de formation de base est loin d'être terminé.
Il doit même être considéré comme une priorité
immédiate.
La formation professionnelle,
technique et scientifique
Le marché du travail
a été marqué par une restructuration très importante
au cours des dernières décennies. Dans un contexte de mondialisation
des marchés, l'accroissement de la productivité, la capacité
d'innovation et l'amélioration de la qualité des produits et des
services sont devenus des impératifs incontournables pour les entreprises.
Parallèlement, l'implantation des nouvelles technologies a entraîné
une modification de la qualification exigée pour un grand nombre d'emplois :
élévation du niveau de la compétence et de la formation,
maîtrise des outils et des environnements technologiques, accent mis sur
les aptitudes à la résolution de problèmes, à l'autonomie
et au travail en équipe.
Chaque année, près
du tiers des élèves quittent le secteur des jeunes du secondaire
avant d'avoir obtenu un diplôme. Si l'on ajoute celles et ceux qui quittent
l'enseignement collégial et l'enseignement universitaire avant la fin
de leur scolarité ou qui terminent leurs études avec pour tout
bagage un diplôme de formation générale, on mesure l'ampleur
du déficit de la formation qui affecte la population adulte québécoise.
Il importe de le combler dans les plus brefs délais.
Le recyclage et
le perfectionnement professionnels
La qualification de la main-d'oeuvre
et sa capacité de s'adapter rapidement aux exigences d'un marché
du travail en mutation constante seront au centre des stratégies socioéconomiques
québécoises. Certes, l'intensification de la réforme de
la formation professionnelle et technique devrait grandement contribuer à
relever ces défis, mais elle ne saurait suffire. D'une part, cette relève
au sein de laquelle on compte d'ailleurs un bon nombre d'adultes ne sera pas
formée une fois pour toutes et devra s'inscrire elle aussi dans un processus
de formation continue. Même celles et ceux qui possèdent un diplôme
universitaire n'échappent pas à cette exigence. D'autre part,
étant donné la situation démographique du Québec,
la majorité de la main-d'oeuvre pour les premières années
du nouveau millénaire est déjà sur le marché du
travail. C'est donc, en bonne partie, sur la mise à jour des compétences
de la population active actuelle qu'il faudra s'appuyer pour rester dans la
course. À cet égard, les travailleuses et les travailleurs qui
sont obligés de se reconvertir ou de se recycler pour se maintenir en
emploi ou encore de se relocaliser à la suite de fermetures d'entreprises
font face à des besoins de formation très grands. Certains devront
parfois faire un détour du côté de la formation générale,
puisqu'ils disposent d'une formation de base insuffisante pour servir d'assise
à leur perfectionnement.
La maîtrise
des technologies de l'information et de la communication
Les technologies de l'information
et de la communication sont devenues des outils de travail courants; en ce sens,
leur maîtrise représente un atout important pour l'insertion professionnelle
et pour le maintien en emploi. Mais, dans la mesure où elles représentent
aussi, et de plus en plus, une voie d'accès aux savoirs et à la
culture, il importe que le plus grand nombre possible de citoyennes et de citoyens
apprennent à les maîtriser. Actuellement, l'accès à
l'ordinateur et à l'inforoute est surtout le fait de personnes plus jeunes,
plus scolarisées et mieux rémunérées que la moyenne.
À cet égard, les pouvoirs publics, et notamment ceux qui ont reçu
une mission d'éducation, ont un rôle essentiel à jouer pour
garantir l'accès à la formation et aux nouveaux outils technologiques
de sorte qu'ils deviennent des moyens de partage des savoirs et de renforcement
du sens civique plutôt qu'une occasion de dualisation culturelle.
Le soutien au développement
personnel et à l'engagement social
Les modèles traditionnels
de relations et d'organisation sociales ont été passablement ébranlés
au cours des dernières décennies. Les transformations du monde
du travail ont entraîné des changements dans les modes d'insertion
dans la société, qui ont été souvent accompagnés
d'une crise de l'identité personnelle et sociale. La société
québécoise s'est aussi considérablement diversifiée
sur le plan culturel. Les valeurs traditionnelles sont remises en question.
Les rôles traditionnels ne semblent plus toujours appropriés pour
faire face aux nouvelles réalités. Bon nombre d'adultes manquent
de repères et se sentent démunis pour réorganiser leur
vie et apporter leur contribution à la collectivité. De plus,
la participation populaire locale et régionale, que le Québec
privilégie comme voie de développement et d'expression de la démocratie,
doit pouvoir compter sur des ressources et des lieux qui lui fournissent des
moyens d'analyse et d'action. L'éducation est ici grandement sollicitée
pour favoriser ce processus de resocialisation permanente dans lequel les adultes
doivent s'inscrire.
Le soutien au développement
des collectivités et des régions
Il n'y a pas que les individus
qui éprouvent des besoins de formation continue. Les collectivités
aussi, à différentes étapes de leur évolution, ressentent
le besoin de faire le point, de réorganiser leurs activités en
s'appuyant sur des fondements nouveaux, de formuler des projets de relance qui,
dans bien des cas, susciteront des besoins de formation des ressources humaines.
Les réseaux de l'éducation disposent d'une expertise étendue
en matière de recherche, de transfert technologique, d'animation communautaire
et de formation continue. Il est essentiel que les établissements d'enseignement
demeurent à l'écoute des besoins des collectivités et que
leur expertise et leurs ressources soient aussi mises au service de ce développement
collectif.
Table
des matières
Le gouvernement du Québec
s'est fixé cinq objectifs principaux à atteindre d'ici l'an 2000.
Les orientations proposées par le ministère de l'Éducation
dans le champ de la formation continue tiennent compte de la nécessité
de participer à l'atteinte de ces objectifs.
En haussant le niveau de
scolarisation et de qualification des personnes inscrites à la formation
continue, le Ministère compte améliorer la prospérité
économique et sociale du Québec. En effet, celle-ci ne saurait
se réaliser sans une main-d'oeuvre qui possède la compétence
nécessaire pour occuper les emplois disponibles. De nouveaux créneaux
d'emplois sont aussi appelés à se développer, notamment
ceux qui sont liés aux secteurs de la nouvelle économie et des
technologies de l'information et de la communication et pour lesquels la formation
continue permet d'acquérir les connaissances et les compétences
nécessaires pour y accéder. Les actions que continueront de mener
les réseaux de l'éducation dans ce domaine, dans celui des services
aux entreprises et dans celui du soutien à l'entrepreneuriat sont aussi
d'une importance cruciale.
Le ministère de l'Éducation
tient par ailleurs à faire sa part pour bâtir une société
plus juste et plus solidaire envers les démunis. Les efforts
qu'il s'engage à consentir pour lutter contre l'analphabétisme,
pour garantir l'accès des adultes à la formation continue et à
la gratuité scolaire jusqu'à la fin des études secondaires,
qui est considérée comme le seuil minimal pour être en mesure
de fonctionner en société, vont en ce sens. De même, le
Ministère procédera à l'examen de ses règles financières,
à leur révision, de façon qu'elles soient plus conformes
aux visées d'équité contenues dans le présent document.
Quant à l'assainissement
des finances publiques, étant donné le lien étroit
qui existe entre la sous-scolarisation et l'exclusion sociale et professionnelle,
on peut compter que les investissements que le Ministère choisit de faire,
aujourd'hui, pour réduire l'analphabétisme et augmenter le niveau
de scolarisation et de qualification des adultes, se traduiront, demain, par
des économies dans les dépenses publiques. De plus, le Ministère
tient également compte, dans les actions à engager, des limites
du budget de l'État; il tente ainsi de répondre aux besoins de
formation continue par une meilleure concertation des partenaires gouvernementaux
afin d'éviter les dédoublements et pour travailler en complémentarité.
Les voies d'action dans
lesquelles le Ministère a choisi de s'engager sont axées sur une
offre de services publics plus efficaces et mieux adaptés
aux nouveaux besoins. Les propositions portant sur la diversification des modes
et des lieux, sur une meilleure coordination de l'offre de services pour éviter
les dédoublements, tout comme celles qui ont trait à l'augmentation
de la réussite éducative des adultes, vont en ce sens. De même,
les intentions du Ministère ayant pour objet de clarifier les rôles
et d'assurer une meilleure concertation en matière de formation continue
à l'enseignement secondaire ont trouvé des points d'appui dans
la refonte de la Loi sur l'instruction publique et dans les structures existantes,
lorsque cela était possible, et ce, afin de respecter l'engagement gouvernemental
sur les allégements administratifs et réglementaires.
Enfin, les propositions
contenues dans le présent document devraient concourir à l'atteinte
de l'objectif gouvernemental qui porte sur la préservation et
la promotion des traits caractéristiques de la société
québécoise. Des adultes qui peuvent accéder plus
facilement à l'éducation sont non seulement mieux outillés
pour fonctionner dans leur vie quotidienne, mais ils sont aussi plus à
même de partager la richesse de leur culture, dans le respect de la diversité
culturelle qui caractérise le Québec.
Table
des matières
Orientation
La persistance de
l'analphabétisme compromet la capacité individuelle et collective
des Québécoises et des Québécois de faire face aux
nouveaux défis sociaux et économiques. De même, l'écart
entre les niveaux d'analphabétisme que l'on constate au sein de la population
ne peut manquer de se traduire par une dualisation sociale qui minera inévitablement
la vie démocratique. C'est pourquoi il est urgent que le Québec
s'engage dans une action concertée et vigoureuse pour relever le niveau
d'alphabétisation de sa population adulte.
Exposé
de la situation
Il paraît d'abord
utile de préciser que si, traditionnellement, le terme «analphabétisme»
faisait référence à des personnes qui ne savaient ni lire,
ni écrire, ni compter, ce concept cooeuvre aujourd'hui une réalité
plus complexe qui n'est plus assimilable au degré zéro de l'écriture.
Au Québec, comme dans les autres pays développés, on associe
dorénavant l'analphabétisme à une faible capacité
de traitement de l'information qui ne permet pas d'utiliser l'écrit de
façon à répondre aux exigences minimales de fonctionnement
en société, tant sur le plan personnel que social et professionnel.
Les personnes faiblement alphabétisées, que l'on qualifie le plus
souvent d'analphabètes, sont celles qui, dans leur langue maternelle,
possèdent, en matière d'écrit, des compétences qui
leur permettent tout au plus d'accomplir des tâches élémentaires
comme le repérage d'une information unique ou la résolution d'un
problème simple de mathématique, et ce, à condition que
le matériel écrit soit clair ou familier. Leurs capacités
de lecture se situent au niveau le plus bas sur une échelle comportant
cinq niveaux, telle qu'établie lors de la dernière Enquête
internationale sur l'alphabétisation des adultes.
D'après les données
de cette enquête, le Québec compte une proportion relativement
élevée d'adultes faiblement alphabétisés en comparaison
de plusieurs pays européens et des autres provinces canadiennes.
Des chiffres
- Des hommes autant
que des femmes
La situation des hommes,
particulièrement les jeunes, semble plus problématique. En effet,
la proportion des jeunes hommes de 16 à 24 ans qui ont de bonnes capacités
de lecture est inférieure à celle des jeunes femmes du même
âge (63 p. 100 comparativement à 71 p. 100),
ce qui peut être attribué à leurs difficultés scolaires7.
De plus, les hommes manifestent une plus grande insatisfaction à l'égard
de leurs compétences; deux fois plus d'hommes que de femmes (18 p. 100
comparativement à 9 p. 100) admettent avoir des difficultés
à l'écrit. Enfin, des études montrent que les garçons
lisent moins que les filles durant leur passage à l'école et que
l'écart s'agrandit avec le temps8.
Les hommes et les femmes ont recours, en proportion égale, à des
services d'alphabétisation dans les commissions scolaires. Cependant,
les hommes de moins de 30 ans constituent chaque année les deux
tiers des effectifs de ce groupe d'âge, alors que l'inverse se produit
chez les générations plus âgées.
- Des francophones,
mais davantage d'allophones en proportion
Au Québec, les francophones
forment la majorité des adultes aux prises avec des difficultés
avec l'écrit. L'écart est manifeste si on compare aux anglophones,
chez qui 68 p. 100 ont de bonnes capacités de lecture, contre
58 p. 100 chez les francophones.
Par ailleurs, la situation
des personnes allophones est particulièrement difficile. Environ le tiers
(31 p. 100) des allophones vivant au Québec ont des capacités
de lecture très limitées en français ou en anglais, ce
qui est près du double de la moyenne provinciale. Ce portrait doit cependant
être nuancé selon chaque communauté9.
- Des régions
plus touchées
Étant donné
le rapport assez étroit qui existe entre la sous-scolarisation et l'analphabétisme,
il est permis de penser que certaines régions sont plus fortement touchées.
À cet égard, d'après les données du recensement
de 1991, 20,1 p. 100 de la population adulte du Québec avait
huit ans ou moins de scolarité, ce taux variant de 16,2 p. 100
dans la région de Laval à 31,4 p. 100 dans celle de
la Gaspésie-Îles-de-la-Madeleine.
Un phénomène
complexe résultant de plusieurs causes interreliées
L'analphabétisme
n'est qu'une des facettes d'un problème social. Les causes sont multiples.
Elles sont surtout d'ordre familial, scolaire et social, quoique des facteurs
individuels d'origine physiologique, tels certaines déficiences intellectuelles
et physiques de même que des troubles d'apprentissage, soient parfois
générateurs d'analphabétisme.
Les premières années
de vie des enfants ont une incidence déterminante sur leurs capacités
de lecture. La scolarité des parents, particulièrement celle de
la mère, et les pratiques de lecture dans la famille influent sur le
développement des enfants et sur leur intérêt pour l'écrit,
ce qui aura ultérieurement une incidence sur leur réussite en
lecture. Les enfants n'ont pas tous l'occasion d'observer des adultes qui lisent,
de s'amuser avec du matériel écrit et d'interagir avec des adultes
à ce sujet. Lorsqu'ils entrent à l'école, les enfants présentent
des différences notables en ce qui a trait à l'expression orale,
aux savoirs fondamentaux et au degré de connaissance du langage écrit,
trois éléments indispensables à la réussite en lecture.
Sur le plan
social, l'analphabétisme et la situation professionnelle sont en partie
liés. Les personnes qui ont de faibles capacités de lecture ont
moins de chances de trouver un emploi et celui qu'elles occupent est généralement
plus précaire, peu spécialisé et moins bien rémunéré.
Un lien étroit existe entre les pratiques de lecture et leur utilité
dans le contexte du travail. Les personnes sans emploi ont moins l'occasion
de lire, ce qui peut entraîner une dégradation de leurs compétences
en lecture. Les personnes faiblement alphabétisées sont celles
qui lisent le moins, tant au travail qu'à la maison. Ce sont aussi celles
qui, à l'âge adulte, participent le moins à des activités
de formation.
Les pratiques constatées
Des efforts
importants ont été faits au cours de la dernière décennie
en matière de recherche-développement et d'instrumentation pédagogique.
Des expériences ont été menées en vue d'adapter
les services aux intérêts et aux besoins des adultes, notamment
dans les domaines de l'alphabétisation en milieu de travail, la formation
à distance, les technologies de l'information et de la communication
et la prévention de l'analphabétisme. En 1987, le Ministère
a publié un programme d'études, le Guide de formation sur mesure
en alphabétisation, et l'a mis à jour à l'occasion de l'entrée
en vigueur du Régime pédagogique applicable aux services éducatifs
pour les adultes en formation générale. Bref, les acquis ne sont
pas négligeables : l'expertise s'est considérablement accrue;
les lieux d'intervention se sont diversifiés; les pratiques et les outils
pédagogiques sont maintenant mieux adaptés aux besoins des gens;
la population québécoise est davantage sensibilisée au
problème social que constitue l'analphabétisme.
Les axes d'intervention
privilégiés
Trois axes doivent être
retenus pour donner de la vigueur à l'intervention nécessaire
: la prévention, l'accroissement et la diversification des services et
le maintien des capacités de lecture chez les jeunes et chez les adultes.
Ces axes cooeuvrent l'ensemble du processus d'alphabétisation selon un
continuum, soit avant que les difficultés apparaissent, pendant et après
l'offre de formation. Bien qu'ils ne soient pas du même ordre et n'intéressent
pas les mêmes acteurs, ces axes d'intervention sont étroitement
liés.
La prévention
Historiquement centrée
sur l'offre de services d'alphabétisation, l'action du Ministère
doit maintenant être revue. Il convient d'adopter tout d'abord une approche
préventive de façon à diminuer le problème à
sa source et à éviter la reproduction de l'analphabétisme.
De plus, il faudra conjuguer les actions de formation avec des mesures vigoureuses
pour favoriser la lecture comme pratique sociale et source de plaisir, mais
également avec des mesures qui facilitent l'intégration sociale
et professionnelle des personnes faiblement alphabétisées.
Les nouvelles
connaissances dans le domaine de la prévention de l'analphabétisme
confirment la nécessité d'agir en matière de formation
continue mais aussi en amont, c'est-à-dire avant l'école, à
l'école et dans l'entourage de l'enfant. C'est pourquoi la prévention
de l'analphabétisme touche autant le secteur des jeunes et celui des
adultes que les autres ministères et la communauté.
L'alphabétisation
commence bien avant l'école; il importe de stimuler l'enfant au langage
écrit le plus tôt possible. La place de la lecture et de l'écriture
dans l'environnement du jeune enfant, principalement dans sa famille, est un
des indicateurs les plus fiables pour anticiper son engagement dans la lecture
et l'écriture. Cependant, les enfants n'ont pas tous les mêmes
possibilités de se familiariser avec le langage écrit et ses usages
sociaux, ni les mêmes chances de se développer, de s'épanouir
et de réussir. Des actions de prévention de l'analphabétisme
doivent être menées auprès des enfants en bas âge
avant que les premières difficultés en lecture apparaissent. Elles
ont pour but de faire connaître la lecture et l'écriture aux enfants
d'âge préscolaire et d'assurer leur développement optimal
de manière à ce qu'ils puissent entreprendre leurs apprentissages
scolaires avec les meilleures chances de succès possibles.
Les premières
années du primaire sont déterminantes pour la réussite
en lecture. C'est pourquoi les mesures de prévention doivent viser à
soutenir les apprentissages scolaires en lecture et en écriture des élèves
âgés de 6 à 9 ans et à renforcer leurs pratiques
de lecture à l'école, dans la famille et dans la communauté
pour ainsi permettre à toutes et à tous de lire aisément
et de poursuivre leurs apprentissages tout au long de leur vie.
Si c'est
à l'école que l'enfant apprend vraiment à lire et à
écrire, c'est dans la famille et dans la communauté que ses apprentissages
s'échafaudent, trouvent une signification, se transforment en usages
et se solidifient. Les pratiques de lecture et d'écriture des familles
sont un facteur déterminant des compétences en lecture et en écriture
des enfants. Par ailleurs, la participation des parents et de la famille est
une condition essentielle à la réussite des actions de prévention
et au maintien des acquis faits en bas âge et à l'école.
Les parents jouent un rôle prépondérant auprès des
enfants des groupes d'âge visés. Ils ont des valeurs et des compétences
qu'il faut respecter et reconnaître et sur lesquelles nous pouvons nous
appuyer. Enfin, des parents peuvent avoir besoin d'un appui. C'est pourquoi
nous devons soutenir, par de l'information, de la formation et des ressources,
les interventions éducatives des familles en relation avec l'éveil
à la lecture et à l'écriture des enfants et avec l'encadrement
qui leur est accordé pendant les apprentissages scolaires en lecture.
Ainsi, la
mobilisation, la concertation et la collaboration des partenaires des milieux
éducatif, socioculturel, social et communautaire touchés par le
bien-être de l'enfant et de la famille sont nécessaires pour prévenir
l'analphabétisme. L'éveil à la lecture et à l'écriture,
l'acquisition de bonnes habitudes de lecture et la réussite éducative
doivent être des priorités pour l'ensemble des acteurs intéressés.
Il importe de tisser des liens avec eux afin d'assurer une intervention intégrée
et soutenue. Par ailleurs, les ministères et organismes peuvent avoir
besoin de conseils d'experts dans leur action visant à prévenir
l'analphabétisme. Ils peuvent, par exemple, se faire suggérer
des moyens qui favorisent l'éveil à la lecture et à l'écriture
chez les enfants ou qui leur font comprendre l'importance de savoir bien écrire.
Les voies d'action pour accroître l'accessibilité à la formation
continue.
Table
des matières
Premier
axe d'intervention privilégié : prévenir l'analphabétisme
Engagements
ministériels
- Sensibiliser le personnel
enseignant de l'éducation préscolaire et du primaire par des
activités de perfectionnement sur l'importance des pratiques pédagogiques
qui favorisent l'éveil à la lecture et à l'écriture.
- Intégrer des objectifs
de prévention de l'analphabétisme dans les services éducatifs
de la formation générale des adultes et dans les programmes
de soutien à l'alphabétisation populaire et à l'éducation
populaire.
- En collaboration avec
les commissions scolaires, proposer aux parents d'enfants de l'éducation
préscolaire et du primaire des activités favorisant l'éveil
à la lecture et à l'écriture.
- Offrir au personnel enseignant
des commissions scolaires et des groupes d'éducation populaire des
activités favorisant la mise en oeuvre de programmes de prévention
à l'intention des familles; définir des critères de réussite
en alphabétisation et concevoir le matériel approprié.
- Accorder une attention
particulière aux régions davantage touchées par le décrochage
scolaire et par la sous-scolarisation, notamment l'Abitibi-Témiscamingue,
la Côte-Nord, la GaspésieÎles-de-la-Madeleine et
le Nord-du-Québec.
- Ajouter, en collaboration
avec les universités, des contenus liés à la prévention
de l'analphabétisme dans les programmes de formation des enseignantes
et des enseignants.
- Appuyer les actions de
Communication-Jeunesse dans son mandat d'animation relatif à la lecture
auprès de la petite enfance et des parents.
Ministères
et organismes gouvernementaux
Éléments
d'une politique gouvernementale
- Intégrer des objectifs
de prévention de l'analphabétisme dans les outils de promotion
et d'information des services offerts par les ministères et les organismes
gouvernementaux, notamment auprès des familles de milieu défavorisé.
- Établir un partenariat
avec les ministères et les organismes gouvernementaux qui ont des programmes
s'adressant aux familles, plus particulièrement les familles de milieu
défavorisé, afin d'élargir les actions de prévention
de l'analphabétisme.
Télé-Québec
- Intégrer la préoccupation
de la prévention de l'analphabétisme dans sa programmation pour
les jeunes.
Ministère
de l'Emploi et de la Solidarité
- Favoriser, chez les parents
immigrants d'enfants de 0 à 9 ans, prestataires d'aide sociale ou d'assurance-emploi,
l'accès aux cours offerts en formation continue.
L'accessibilité
aux services d'alphabétisation
Pour atteindre l'objectif
d'une meilleure accessibilité, il faut offrir des services souples et
diversifiés afin d'aider les adultes faiblement alphabétisés
à assumer leur rôle de parents, de travailleuses et de travailleurs,
de citoyennes et de citoyens. Il ne faut pas opposer le processus d'intégration
au marché du travail et celui de l'alphabétisation, mais plutôt
chercher des formules mixtes qui permettent de joindre harmonieusement ces deux
aspects complémentaires. L'alphabétisation, qui est souvent un
préalable à toute autre formation, deviendra alors un corollaire
indispensable à tout processus d'insertion qu'on souhaite durable et
réussi, ainsi qu'à tout projet local et régional de développement
économique. Cette façon de faire contribuera certainement à
faciliter le recrutement des personnes faiblement alphabétisées
puisque leurs besoins en ce qui a trait à leur participation à
la vie communautaire et au marché du travail seront davantage considérés.
Table
des matières
Deuxième
axe d'intervention privilégié : accroître et diversifier
les services dans une perspective mieux intégrée aux rôles
sociaux des adultes
Engagements
ministériels
- Doubler, d'ici l'an 2002,
le nombre de personnes inscrites aux activités de formation offertes,
soit 4 p. 100 du bassin potentiel des personnes faiblement alphabétisées
ou 38 000 personnes. Cela représente un objectif approximatif
de 30 000 personnes recevant des services offerts par les commissions
scolaires et de 8 000 personnes, par les groupes d'alphabétisation
populaire.
- Accroître les actions
en milieu de travail, en collaboration avec les établissements scolaires,
les groupes d'éducation populaire ainsi que les entreprises et les
organisations syndicales.
- Dans la planification
et la mise en oeuvre des actions de recrutement, accorder, de concert avec
les partenaires de ses réseaux, une attention particulière aux
adultes de 30 ans et moins qui sont faiblement alphabétisés
compte tenu du handicap que l'analphabétisme représente pour
l'insertion dans la population active.
- Offrir des sessions de
perfectionnement aux commissions scolaires et aux groupes d'alphabétisation
populaire en matière de planification stratégique et de planification
des communications afin d'accroître l'effectif et de promouvoir l'alphabétisation
dans leur région.
- Accroître la collaboration
et la complémentarité entre les secteurs des jeunes et des adultes,
notamment pour ce qui est des jeunes de moins de 20 ans qui ont un retard
scolaire important.
Ministère
de l'Emploi et de la Solidarité
Éléments
d'une politique gouvernementale matière d'alphabétisation.
- Dans le cadre des mesures
d'employabilité, tenir compte des besoins de la population en matière
d'alphabétisation.
CLSC et organismes
communautaires
- Collaborer à la
promotion des services d'alphabétisation auprès des parents
d'enfants d'âge préscolaire et scolaire.
Le maintien des
capacités de lecture
La fréquence
et la diversité des pratiques de lecture jouent un rôle essentiel
dans le maintien et même dans l'augmentation des capacités de lecture.
Les personnes faiblement alphabétisées lisent moins et ont moins
d'occasions de lire, surtout si elles ne sont pas sur le marché du travail.
On remarque une baisse de la pratique de la lecture au sortir de l'école
secondaire, particulièrement chez les jeunes hommes de 20 ans et moins.
Il importe
donc de prendre des mesures permettant d'augmenter la pratique de la lecture
chez les personnes faiblement alphabétisées qui lisent peu ou
qui ne lisent pas. C'est à cette condition que les services d'alphabétisation
auront le maximum d'effets sur le transfert des apprentissages. Le maintien
des capacités de lecture prolonge les effets de la formation et en assure
la permanence. Le maintien est aussi indispensable à l'exercice des rôles
sociaux des adultes, comme citoyennes et citoyens, parents, travailleuses et
travailleurs.
Cette avenue
est relativement nouvelle; elle demande donc d'être explorée et
enrichie. Par ailleurs, elle dépasse largement la seule responsabilité
du Ministère et touche d'autres acteurs, particulièrement le ministère
de la Culture et des Communications. Les activités de maintien des capacités
de lecture se trouvent en effet fortement appuyées par les mesures de
la Politique de la lecture et du livre. Il faut profiter de ce moment favorable.
Il s'agira pour le réseau de l'éducation de contribuer à
ces mesures par la promotion de la lecture sous toutes ses formes et par l'aménagement
de lieux propices à la lecture.
Table
des matières
Troisième
axe d'intervention privilégié : favoriser le maintien des
capacités de lecture
Engagement
ministériels
- Intégrer des objectifs
relatifs au maintien des capacités de lecture dans les programmes d'études
de la formation générale et de la formation professionnelle,
particulièrement dans ceux des services de formation à l'intégration
sociale et des services d'intégration socioprofessionnelle menant à
l'exercice de métiers semi-spécialisés.
- Développer, de
concert avec les partenaires de ses réseaux, des stratégies
d'enseignement-apprentissage adaptées aux jeunes, particulièrement
aux garçons.
- Participer à la
mise en oeuvre des mesures arrêtées dans la Politique de la lecture
et du livre.
Ministères
et organismes gouvernementaux
Élément
d'une politique ministérielle
- Examiner et, le cas échéant,
réviser les documents écrits destinés au grand public
au regard des critères de lisibilité.
Orientation
Un accès
équitable aux savoirs passe par des mesures d'accueil, d'aide et de référence
accessibles et de qualité.
Exposé
de la situation
La nécessité
de la précision du mandat d'accueil, d'aide et de référence
Lorsque
les adultes envisagent de retourner aux études ou de suivre des cours
de perfectionnement, ils ont besoin d'aide pour clarifier leur projet et pour
déterminer quels programmes de formation ou activités pourraient
répondre à leurs aspirations. Il en va de même des entreprises
ou des collectivités qui souhaitent recourir à un mode ou à
un autre de formation continue. Depuis plusieurs années, des services
d'accueil, d'information ou de référence ont été
offerts par divers ministères et organismes et dispersés dans
plusieurs endroits. Au cours des États généraux sur l'éducation,
de nombreux intervenants ont réclamé la mise en place, dans chaque
région, d'un guichet unique interordres pour de tels services. Le bilan
de l'expérience des services régionaux d'accueil et de référence,
tentée au cours des années 80, invite à la prudence quant
à la création d'une nouvelle structure qui risquerait à
la fois de produire des dédoublements, par rapport à d'autres
structures qui sont en train d'être implantées, et de déposséder
les commissions scolaires et les établissements d'enseignement de cette
importante fonction, d'ailleurs prévue dans les dispositifs législatifs
et réglementaires qui régissent leurs activités.
Il faut
néanmoins pouvoir trouver, dans chaque établissement d'enseignement,
et de façon intégrée, des services d'accueil, d'information,
de formation et d'aide au cheminement vers les études ou le marché
du travail : c'est à ces services que s'adresse le citoyen. Cela
n'implique pas qu'il y trouvera la réponse à tous ses besoins,
mais qu'il aura accès, par l'établissement, à une connaissance
régionale de l'offre de services. En effet, l'éventail des besoins
de formation est très vaste. Ceux-ci varient considérablement
d'une personne à l'autre, selon ses caractéristiques, son expérience,
son parcours scolaire antérieur et ses projets. Il est donc essentiel
que le système d'éducation maintienne, dans son offre de services
éducatifs, un équilibre entre les responsabilités de l'établissement
et l'accès pour les adultes à des personnes-ressources qui puissent
les aider à préciser leur projet, à explorer les avenues
possibles et à réaliser leur projet de formation. C'est pourquoi
des modifications seront apportées au Règlement sur le régime
pédagogique applicable aux services éducatifs pour les adultes
en formation générale, pour préciser la nature des services
d'accueil et de soutien qui seront dispensés.
Il convient, par ailleurs,
que le même équilibre soit maintenu entre la réponse aux
demandes de formation relatives à l'employabilité et à
celles découlant des besoins de formation personnels et sociaux. La même
problématique s'applique au regard des mesures actives de soutien à
l'emploi, il faut souligner que l'importance prépondérante accordée
à la formation en vue de l'employabilité et de l'insertion professionnelle
met à l'étroit certains des projets individuels ou même
certains projets collectifs de formation qui visent d'autres objectifs.
Axe
d'intervention privilégié : réviser les pratiques d'accueil
pour mieux répondre aux besoins des individus et des collectivités
Engagement
ministériel
- Revoir l'organisation
et le financement des services d'accueil et d'aide, en précisant la
nature de ces services dans les régimes pédagogiques de la formation
générale et de la formation professionnelle.
Élément
d'une politique gouvernementale
Ministère de l'éducation et ministère de l'Emploi
et de la Solidarité
- Préciser les missions
d'accueil, d'aide et de référence du ministère de l'Éducation
et du ministère de l'Emploi et de la Solidarité afin de conclure
des ententes sur le partage des rôles dans le but, d'une part, d'inclure
dans la mission des centres locaux d'emploi (CLE) un volet d'information sur
les services éducatifs offerts au secondaire, au collégial et
à l'université et, d'autre part, d'inclure dans les services
d'accueil et d'aide des établissements d'enseignement un mandat d'information
relativement aux programmes de soutien à la formation et aux parcours
individualisés de formation pour les personnes qui ne s'adressent pas
aux CLE.
Table
des matières
Orientation
Des services de
formation adaptés aux conditions de vie des adultes désirant s'inscrire
dans un processus de formation continue doivent être offerts en plusieurs
lieux et emprunter différents modes.
Exposé
de la situation
Les modes et les
lieux de formation
La possibilité
pour les adultes de s'inscrire dans un processus de formation continue dépend,
pour une bonne part, de leur capacité à concilier cette dernière
avec leurs obligations professionnelles et familiales. On ne peut s'attendre
à ce que la majorité d'entre eux soient en mesure de fréquenter
à temps plein, le jour de surcroît, un établissement scolaire;
plusieurs sont même éloignés des lieux où est offerte
la formation. Par ailleurs, il existe des dispositifs et des modes de fréquentation
qui, pour peu qu'ils soient soutenus et valorisés, peuvent répondre
à une large gamme de besoins.
Il faut
donc maintenir et consolider des modes tels que la formation à temps
partiel, la formation à distance, la formation en entreprise, l'éducation
populaire ainsi que les formations que permettent les technologies de l'information
et de la communication. Mais plus encore, une réelle accessibilité
suppose que l'on offre aux adultes de la formation dans leur milieu de vie ou
dans leur milieu de travail ou, dans certains cas, qu'on aménage pour
eux des modèles particuliers de formation.
- La formation
à temps partiel
La formation à temps
partiel est nécessaire pour les personnes qui veulent se perfectionner
ou se recycler en suivant quelques cours, sans s'inscrire à un programme
complet de formation, ou pour celles qui ont, par exemple, des limitations fonctionnelles.
Or, il se trouve que l'utilisation de la plage horaire, surtout à l'enseignement
collégial, restreint ce mode de fréquentation. En ce sens, un
redressement s'impose, particulièrement en ce qui a trait à la
formation technique. L'offre de formation à temps partiel sera davantage
encouragée par un aménagement plus efficace des heures disponibles.
Grâce
à la formation à distance, l'adulte n'a pas à se déplacer
et peut étudier à son rythme. Ce mode de formation représente
un outil important pour rapprocher l'offre de cours de la population. Il se
trouve d'ailleurs facilité par le développement des technologies
de l'information et de la communication, à la condition que l'on procède
à une modernisation de l'offre de services.
Tant au
secondaire qu'au collégial, l'offre de cours en formation à distance
a été axée, ces dernières années, sur la
formation générale. Des efforts particuliers s'imposent pour l'étendre
à l'éducation populaire de même qu'au secteur anglophone
et, dans la mesure du possible, à la formation professionnelle et technique.
Ce mode de formation est présentement mieux adapté à la
formation générale et peut difficilement être utilisé
à grande échelle en formation professionnelle et technique puisque
l'approche par compétences est une formule qui intègre l'acquisition
de la formation pratique et de connaissances liées au métier.
Les données
disponibles révèlent que les élèves inscrits à
la formation à distance, que ce soit au secondaire ou au collégial,
échouent ou abandonnent pratiquement autant de cours qu'ils en réussissent,
ce qui représente un écart important par rapport aux élèves
inscrits dans les établissements. Des études en cours permettront
de mieux cerner les facteurs susceptibles d'expliquer cette situation. Il semble
néanmoins que, sans verser dans l'acharnement andragogique, on ne pourra
faire l'économie d'adopter des mesures vigoureuses visant à assurer
un encadrement approprié aux adultes afin qu'ils développent au
maximum l'autonomie et la discipline personnelle. On renforcera ainsi la crédibilité
de ce mode de formation comme une voie de formation continue, tout en conservant
les avantages comparatifs qu'on lui reconnaît sur le plan des coûts
de formation.
Par ailleurs,
au secondaire, la volonté de décentralisation s'est traduite par
la création d'une cinquantaine de points de services, dans autant de
commissions scolaires, ce qui a entraîné une diminution significative
du nombre d'adultes inscrits, des coûts plus élevés sur
le plan des infrastructures et de la difficulté à offrir des services
de promotion et de soutien pédagogique appropriés, étant
donné un effectif restreint dans bien des cas.
Enfin, plusieurs
acteurs interviennent en formation à distance sans qu'on ait prévu
une rationalisation de l'offre de services.
- La formation
en entreprise
L'avènement
de la Loi favorisant le développement de la formation de la main-d'oeuvre,
la mise en application des régimes d'apprentissage et de qualification
professionnelle ainsi que l'implantation de la formule d'alternance travail-études
ont fait en sorte qu'un nombre croissant d'adultes poursuivent leur formation
en entreprise.
Depuis plusieurs
années, la collaboration du Ministère avec la Société
québécoise de la main-d'oeuvre et plus récemment avec Emploi-Québec
a facilité le développement de ce mode de formation, en plus de
permettre des liens intéressants entre le monde de l'éducation
et celui du travail en ce qui a trait, d'une part, à l'élaboration
des programmes d'études en formation professionnelle et technique et,
d'autre part, à la reconnaissance des acquis extrascolaires.
Les personnes
qui ont eu de mauvaises expériences à l 'école ou qui sont
faiblement scolarisées auront moins tendance à se prévaloir
de services de formation qui, en théorie, sont accessibles à tous.
De plus, tous n'ont pas envie de retourner sur les bancs d'école pour
parfaire leur apprentissage, certains préférant apprendre dans
l'action, et en particulier par leur engagement social. La structure d'éducation
populaire a développé, au cours des ans, une expertise et une
pratique originales auprès d'une population dont les besoins ne sont
pas satisfaits par le réseau scolaire officiel ou qui ne désire
pas apprendre dans un établissement d'enseignement.
Les groupes
d'éducation populaire exercent leur action tant sur le plan local, régional
que national. Les services qu'ils offrent cooeuvrent un large éventail,
que ce soit en alphabétisation et dans divers autres domaines, tels l'exercice
à la citoyenneté, l'amélioration des compétences
parentales ou la sensibilisation aux problèmes engendrés par la
violence et autres phénomènes sociaux. Les adultes qui s'inscrivent
à des activités d'éducation populaire acquièrent
ainsi des connaissances, des habiletés et des attitudes qui favoriseront
chez eux une plus grande autonomie, la prise en charge de leurs conditions de
vie et de celles de leur milieu, leur permettant ainsi de mieux s'intégrer
dans la société et de jouer leur rôle de citoyenne et de
citoyen.
Il importe que la mission
des groupes d'éducation populaire soit clairement établie et reconnue
dans un cadre légal.
- Les technologies
de l'information et de la communication comme nouveau mode de formation
La formation
continue se doit de tenir compte des transformations profondes et des nouveaux
défis issus de l'intégration des outils technologiques dans l'enseignement
et dans l'apprentissage. La technologie fait de plus en plus partie de notre
quotidien et nous amène à redéfinir notre rapport au savoir,
à définir de nouveaux paradigmes, à élaborer des
formules pédagogiques qui proposent de nouveaux modèles d'enseignement
et d'apprentissage. La transmission des connaissances, le développement
d'habiletés fondamentales et de compétences transversales, à
l'aide de ces nouveaux médias, commandent une révision en profondeur
de nos programmes d'études, de nos modes d'évaluation et de nos
pratiques pédagogiques, dans un esprit de formation continue. Cette transformation
devra cependant se réaliser dans le respect de la culture, de la langue
et des valeurs propres à la société québécoise.
Table
des matières
Axe
d'intervention privilégié : diversifier les lieux et
les modes de formation
Engagement
ministériels
- Inviter les établissements
d'enseignement collégial à aménager leurs plages horaires
de façon à rendre leurs programmes plus accessibles à
celles et ceux qui choisissent la fréquentation à temps partiel.
- Reconnaître, dans
une loi, le rôle et la contribution de l'éducation populaire.
- Transmettre l'information
relative aux services éducatifs et aux modalités de la formation
continue à l'aide des technologies de l'information et de la communication.
- Élaborer, de concert
avec les partenaires de ses réseaux, des orientations permettant de
revoir les modèles d'organisation de la formation à distance,
de façon à moderniser le matériel utilisé pour
cette formation et à mieux coordonner l'utilisation des ressources
humaines et financières.
- Inviter les organisations
responsables de la formation à distance à prévoir, dans
leur plan de développement, l'utilisation des nouvelles technologies.
Ministère
de l'Éducation et ministère de l'Emploi et de la Solidarité
Éléments
d'une politique gouvernementale
- Convenir, avec le ministère
de l'Emploi et de la Solidarité, de populations cibles à servir
en formation professionnelle et technique, des modes d'organisation de cette
formation à privilégier et des modalités de financement
à assurer.
- Convenir, avec le ministère
de l'Emploi et de la Solidarité et avec les partenaires socioéconomiques,
de moyens favorisant l'accès aux mesures de formation pour les adultes
qui n'ont pas les préalables ou qui ne satisfont pas aux conditions
d'admission aux programmes d'études.
- Demander à la
Commission des partenaires du marché du travail d'assurer un contrôle
plus étroit des règles d'accréditation des formatrices
et des formateurs.
Partenaires socioéconomiques
et organisations syndicales
- Mettre en place, de concert
avec les partenaires sociaux et économiques et les organisations syndicales,
les services publics d'accès à l'inforoute : points de services
publics donnant accès à des outils de communication, à
des services de production et de diffusion de contenus, à des contenus
à valeur ajoutée et à des services éducatifs.
- Inviter les autres partenaires
du ministère de l'Éducation et les organisations syndicales
à faire davantage appel aux organismes communautaires afin d'élargir
le bassin de population à qui est offerte la formation continue, notamment
dans les milieux défavorisés.
Milieu du travail,
commissions scolaires et établissements d'enseignement collégial
- Convenir, entre partenaires
du marché du travail, des commissions scolaires et des établissements
d'enseignement collégial, de mesures susceptibles de donner aux adultes
un meilleur accès à des programmes d'alternance travail-études.
Table
des matières
Orientation
La reconnaissance
des acquis extrascolaires représente une contribution indispensable à
l'amélioration de l'accès à la formation continue, de même
qu'à la rationalisation des coûts du système. Il faut établir
les conditions favorables à son développement.
Exposé
de la situation
La définition
et les objectifs de la reconnaissance des acquis extrascolaires
La reconnaissance des acquis
extrascolaires est la reconnaissance des apprentissages faits à l'extérieur
du cadre scolaire, et ce, en fonction de référentiels déterminés10.
La reconnaissance
des acquis extrascolaires s'inscrit dans la mission qu'a le ministère
de l'Éducation de faciliter l'accès à la formation qualifiante
et à l'obtention d'un diplôme. Elle poursuit également d'autres
buts : favoriser une réorientation de carrière, reconnaître
une formation obtenue dans d'autres pays ou permettre à une entreprise
d'évaluer les compétences de sa main-d'oeuvre.
La reconnaissance
des apprentissages faits en dehors de l'école est particulièrement
stratégique pour répondre aux besoins de mobilité professionnelle
au moment où les nouvelles réalités du marché du
travail font en sorte que des milliers de personnes doivent rehausser leurs
compétences ou les transférer dans un autre emploi, ou encore
en acquérir de nouvelles.
Cette reconnaissance
peut permettre aussi des économies substantielles de temps et d'argent,
tant pour les individus que pour les établissements, car les durées
de formation sont réduites.
La nature des services
offerts
La Loi sur l'instruction
publique oblige les commissions scolaires à offrir aux adultes, au secondaire,
des services de reconnaissance des acquis extrascolaires.
En formation
générale, il existe trois voies de développement de la
reconnaissance des acquis extrascolaires :
- la première est
liée à la sanction des études et fait référence
aux contenus des programmes d'études et aux unités rattachées
aux cours (épreuves seulement);
- la deuxième constitue
un service aux adultes et aux employeurs sans référence aux
unités rattachées aux cours et aux programmes d'études
(tests d'équivalences de niveau de scolarité);
- la troisième voie
est aussi liée à la sanction des études et à la
délivrance du diplôme d'études secondaires (DES); elle
fait référence à des habiletés génériques
du niveau du DES, même si elles ne sont pas mentionnées de manière
explicite dans les programmes d'études du Ministère.
En formation
générale, pour l'année 1996-1997, 11 222 adultes ont
eu recours à des services de reconnaissance des acquis extrascolaires.
- En formation
professionnelle
En formation
professionnelle, du matériel d'évaluation particulier a été
élaboré pour plus de 40 programmes. Plusieurs de ces instruments
d'évaluation ont été produits pour tenir compte de la mise
en oeuvre du Régime de qualification et, plus récemment, du Régime
d'apprentissage selon l'entente de collaboration établie avec Emploi-Québec.
Un test
de développement général (TDG) a également été
élaboré dans le but de faciliter l'accès à la formation
professionnelle aux adultes qui ne répondent pas aux conditions d'admission,
mais qui possèdent un niveau de développement général
suffisant pour entreprendre une telle formation. Mentionnons que le taux de
réussite des adultes admis en formation professionnelle à la suite
du TDG est comparable à celui des adultes qui empruntent d'autres voies
d'admission.
En formation
professionnelle continue, depuis 1994, plus de 2 000 adultes se sont vu
reconnaître des acquis extrascolaires et plus de 4 000 adultes ont été
admis en formation à la suite du test de développement général.
Le taux de réussite au TDG est d'environ 90 p. 100. Selon les
données disponibles pour l'année scolaire 1996-1997, 668 adultes
ont acquis 4 421 compétences dans 45 programmes.
- À l'enseignement
supérieur
Les dispositions
du Règlement sur le régime des études collégiales
confient aux établissements la possibilité d'accorder une équivalence
de cours lorsque l'élève démontre qu'il a atteint, par
sa scolarité antérieure ou par sa formation extrascolaire, les
objectifs du cours. De plus, l'évaluation et la reconnaissance des acquis
extrascolaires relèvent entièrement des établissements
d'enseignement collégial.
Le rôle
du ministère de l'Éducation se limite donc à apporter un
soutien général au dossier pour ce qui est de l'orientation à
lui donner et de la collaboration avec les établissements d'enseignement
collégial : études, brochures, trousses d'information, sessions
de formation, etc. De plus, entre 1985 et 1990, plusieurs établissements
ont élaboré du matériel particulier pour la reconnaissance
des acquis extrascolaires grâce au soutien apporté par le Fonds
pour l'implantation de la reconnaissance des acquis extrascolaires au collégial
(FIRAC).
À
l'enseignement collégial, depuis 1995, plus de 1 500 élèves
se sont vu reconnaître des acquis extrascolaires. Au-delà de 90 p. 100
des activités touchaient la formation technique. À l'université,
pour certains adultes, la reconnaissance des acquis extrascolaires se fait en
fonction de l'admission aux études supérieures.
Des ajustements
qui s'imposent
Depuis l'adoption,
en 1984, de l'Énoncé d'orientation et plan d'action en éducation
des adultes qui avait fait de la reconnaissance des acquis extrascolaires l'une
des priorités en matière d'éducation des adultes, des actions
importantes ont été menées au Ministère et dans
les réseaux d'éducation : inscription de cette préoccupation
dans la Loi sur l'instruction publique et dans le Règlement sur le régime
des études collégiales; activités de recherche; élaboration
d'outils d'évaluation fiables; intégration aux règles de
financement. Cependant, malgré les pas franchis au cours de la dernière
décennie, certains éléments nécessitent des ajustements.
- En matière
d'accessibilité
Tous conviennent
que les établissements scolaires ne sont pas les seuls lieux où
se font des apprentissages. La lecture, le travail rémunéré,
l'engagement communautaire, la navigation sur Internet sont autant d'occasions
d'acquérir et de maîtriser des compétences. Étant
donné la valeur de référence et de reconnaissance sociale
qu'offre le diplôme, les adultes ont besoin que soient sanctionnées
par un diplôme officiel les connaissances et les compétences acquises
dans un contexte non scolaire et qui sont en liaison avec les référentiels
du Ministère (programmes d'études). Cependant, d'autres acquis
peuvent être reconnus, en fonction d'autres référentiels,
comme celui de la qualification professionnelle qui mène à l'obtention
d'un certificat de qualification professionnelle émis par Emploi-Québec.
En formation
professionnelle et technique, plusieurs facteurs limitent l'accessibilité
à la reconnaissance des acquis extrascolaires. Cette situation tient
principalement à la disparité entre les services offerts d'une
région à l'autre, d'un ordre d'enseignement à l'autre,
et aux difficultés que rencontrent ainsi plusieurs adultes à entreprendre
un processus de formation. Les adultes qui réussissent à se faire
reconnaître des acquis se retrouvent souvent, à la fin de leur
démarche, dans une impasse. Ils auraient besoin d'entreprendre la formation
manquante nécessaire à la sanction de leurs études. Or,
l'obtention de cette formation n'est pas assurée pour l'adulte en l'absence
d'un grand nombre d'inscriptions, qui sont essentielles pour offrir le service
à des coûts raisonnables. Ainsi, les adultes se voient contraints
de suivre intégralement les cours et les modules du programme, ce qui
a pour effet d'annuler les effets bénéfiques de la reconnaissance
des acquis extrascolaires.
- En matière
de reconnaissance des acquis pour les personnes immigrantes
C'est principalement
à l'ordre d'enseignement collégial qu'il est le plus difficile
pour les personnes immigrantes de se faire reconnaître des acquis. L'attestation
du niveau de scolarité émise par le ministère des Relations
avec les citoyens et de l'Immigration indique le nombre d'années d'études
qui correspond au niveau de scolarité acquis à l'extérieur
du Québec. Or, les personnes immigrantes qui pensent que cette attestation
est suffisante pour faire reconnaître leurs acquis et pour être
admises à un programme d'études sont déçues d'apprendre
qu'il n'en est rien. Elles se voient alors contraintes d'abandonner leur démarche
ou encore de reprendre une formation complète, ce qui occasionne des
coûts additionnels tant pour elles que pour la société.
En plus de ces difficultés, d'autres facteurs viennent limiter l'accès
des personnes immigrantes à une reconnaissance de leurs acquis. Mentionnons
entre autres la difficulté de faire la démonstration de leurs
compétences à cause d'une maîtrise parfois insuffisante
de la langue ou encore de l'absence de description du contenu des cours suivis
à l'étranger.
Pour les
personnes immigrantes, le problème de la formation manquante s'ajoute
à celui de la reconnaissance des acquis. En effet, la culture québécoise
ainsi que les normes et les exigences professionnelles comportent leurs particularités,
ce qui nécessite une adaptation des connaissances et des compétences
acquises par les personnes immigrantes. Cela suppose des cours d'appoint souvent
non disponibles.
Table
des matières
Premier
axe d'intervention privilégié : assurer à tout adulte
la reconnaissance de ses acquis extrascolaires et l'accès à la
formation manquante
Engagement
ministériel
- Inviter les universités
à se doter de politiques en matière de reconnaissance des acquis
extrascolaires.
- Revoir les structures
actuelles des services, principalement à l'enseignement collégial,
tant en ce qui concerne la reconnaissance des acquis extrascolaires que la
formation manquante qui y est liée.
- Offrir du perfectionnement
relativement à la reconnaissance des acquis extrascolaires à
l'intention du personnel responsable des services d'accueil, d'aide et de
référence dans les commissions scolaires et les établissements
d'enseignement.
- Inviter les établissements
d'enseignement à assurer aux personnes immigrantes une reconnaissance
de leurs acquis qui leur permette d'entreprendre ou de poursuivre un cheminement
scolaire sans détour ni recul.
- Mettre en oeuvre un vaste
plan de communication pour une meilleure diffusion de l'information sur les
services de reconnaissance des acquis extrascolaires.
Éléments
d'une politique gouvernementale
Ministère
de l'Emploi et de la Solidarité
- Assurer aux adultes la
reconnaissance des compétences susceptibles de favoriser leur employabilité.
- Relancer et développer
le régime de qualification professionnelle afin de consolider, d'accroître
et de reconnaître les compétences acquises en milieu de travail
par les travailleuses et les travailleurs.
- En matière
de partenariat
Comme dans
plusieurs autres dossiers touchant l'éducation au Québec, la concertation
et la conclusion d'ententes de partenariat avec les ministères visés
et les acteurs sociaux sont des conditions sine qua non pour donner des
services de qualité à la population. Les collaborations à
établir et à maintenir contribuent également à la
rationalisation des coûts des services gouvernementaux.
Cependant,
il est essentiel que la mission du ministère de l'Éducation en
matière de reconnaissance des acquis extrascolaires soit réaffirmée.
Même si l'école n'a pas, et n'a jamais eu, le monopole de la formation,
il n'en demeure pas moins que les diplômes représentent, dans nos
sociétés, une forme importante de reconnaissance sociale et permettent
un accès plus large au marché du travail. Sous cet aspect, nos
systèmes d'éducation, surtout dans un contexte où l'on
prend conscience de la nécessité de l'actualisation sans cesse
renouvelée des compétences, devraient intégrer, dans un
système de formation continue, des services de reconnaissance des acquis
extrascolaires pour mieux répondre à la diversité des besoins
de la population. Le leadership du Ministère doit s'exercer pour conserver
aux diplômes leur valeur de référence privilégiée
dans un contexte de partage d'information et de développement de pistes
d'action correspondant aux besoins des populations servies par d'autres ministères
et organismes sociaux et communautaires. C'est pourquoi des discussions avec
les partenaires de la main-d'oeuvre et de l'immigration sont nécessaires
afin de poursuivre et de réussir l'arrimage des systèmes de reconnaissance
des acquis extrascolaires.
Table
des matières
Second
axe d'intervention privilégié : établir des liens entre
les différents systèmes de reconnaissance des acquis
Éléments
d'une politique gouvernementale
Ministères
et organismes gouvernementaux
- Assurer la concertation
des partenaires dans le développement d'instruments de reconnaissance
des acquis extrascolaires pour éviter le dédoublement et assurer
leur crédibilité et leur transparence quel que soit le référentiel.
Ministère
de l'Éducation, Emploi-Québec et autres organismes
- Consolider les liens
existants et en établir de nouveaux entre les référentiels
des diplômes du ministère de l'Éducation et les référentiels
de qualification, comme ceux des ordres professionnels et ceux du régime
de qualification d'Emploi-Québec.
Orientation
Quel que soit le
champ d'intervention, la coordination des services offerts, notamment sur le
plan régional, est un mode d'organisation à privilégier.
Il existe un même besoin de coordination entre les ministères concernés
par la formation continue. Une telle coordination ne peut être imposée,
mais on peut imaginer qu'elle commence par une concertation autour des principaux
éléments qui structurent l'offre de formation.
Exposé
de la situation
Il faut
ralentir la tendance selon laquelle les mêmes services sont offerts d'un
établissement à l'autre. Comme il n'y a pas un nombre suffisant
d'inscriptions, cette offre est parfois purement virtuelle ou peut même
empêcher des adultes de suivre les derniers cours d'un programme : des
projets de formation sont ainsi laissés en plan. On peut penser qu'une
plus grande concertation entre les établissements contribuera à
accroître l'accessibilité, en variant la gamme des services.
Par ailleurs,
une démarche de concertation s'est peu à peu établie entre
les établissements de l'enseignement secondaire et ceux de l'enseignement
collégial pour éviter les chevauchements dans l'offre de services.
Une telle démarche serait souhaitable à l'enseignement supérieur,
entre les établissements d'enseignement collégial et les universités.
Le principe à observer sur ce chapitre, c'est l'adéquation qui
doit exister entre un programme et un ordre d'enseignement, compte tenu notamment
du degré de complexité de la fonction de travail à laquelle
ce programme prépare.
La complémentarité
entre les établissements doit être mise au service des populations
étudiantes : une répartition des mandats, dans le respect
de l'expertise de chacun, permettrait de mieux couvrir tous les besoins de formation.
Parce que chaque région représente un bassin considérable
d'établissements d'enseignement et constitue également le lieu
souhaité d'une prise en charge de l'offre de services par les organismes
du milieu, le palier régional pourrait être propice à une
concertation en ce domaine.
Le plan
d'action ministériel pour la réforme de l'éducation prévoit
la mise en place, dans chaque région du Québec, d'une instance
interordres, précisément pour favoriser une meilleure harmonisation
entre les ordres d'enseignement. Outre les mandats prévus en matière
de recherche sur des questions d'intérêt régional, de planification
des options en formation professionnelle et technique et de concertation entre
le milieu scolaire et les organismes de développement régional
et économique, ces instances pourraient aider à enrichir, équilibrer
et rendre plus disponible l'offre de formation continue.
L'objectif
n'est pas d'uniformiser le mode de fonctionnement de ces instances, mais bien
de leur permettre, selon les besoins et les caractéristiques des régions,
de créer leur propre dynamique de contribution à l'éducation.
Table
des matières
Premier
axe d'intervention privilégié : mettre en place des instances
interordres
Engagement ministériel
- Inviter ses partenaires
des réseaux à constituer des instances interordres qui, notamment,
définiraient avec les établissements intéressés
une offre régionale en ce qui concerne :
- les services d'accueil
et de référence et les services d'accueil et d'aide, en
complémentarité;
- la reconnaissance
des acquis extrascolaires;
- la formation à
distance;
- la formation manquante.
Cette offre
tiendra compte des compétences et de l'expertise disponibles.
La nécessité
d'une concertation interministérielle en matière de formation
continue
Ce besoin
de concertation est manifeste en ce qui a trait aux rôles et aux responsabilités
des ministères en matière de formation continue. Certains mandats
doivent être mieux répartis; d'autres doivent être évalués
en fonction des missions respectives des ministères.
Tous les
ministères sont concernés par la formation continue. Certains
posent des actions ponctuelles ou régulières quant au perfectionnement
de leur personnel; d'autres interviennent directement avec la population. Dans
ce dernier cas, il importe de créer des liens entre les ministères
intéressés et le ministère de l'Éducation.
Ce nouveau
rapport de collaboration devra se manifester davantage avec les instances ministérielles
qui servent des populations qui, pour mieux fonctionner sur le plan personnel,
économique et social, ont besoin d'effectuer un retour aux études.
Le mandat
de francisation des nouvelles arrivantes et des nouveaux arrivants exige d'être
précisé. Les contenus de formation liés à la francisation
devraient être offerts par les établissements situés dans
l'environnement immédiat des personnes immigrantes, non seulement pour
éviter leur ghettoïsation mais parce qu'elles ont ainsi accès
à tous les services éducatifs.
Table
des matières
Second
axe d'intervention privilégié : assurer une coordination gouvernementale
en matière de formation continue
Ministères
et organismes gouvernementaux
Éléments
d'une politique gouvernementale
- Convenir, avec les ministères
intéressés, d'une offre de services multiples en matière
d'éducation, d'employabilité et de maintien en emploi, s'adressant
aux adultes et aux entreprises, qui serait appliquée de façon
complémentaire.
- Déterminer et
mettre en oeuvre des mécanismes pour s'assurer que toute offre de formation
continue est qualifiante et transférable.
- Établir des modalités
de participation active des instances interordres aux étapes d'élaboration
du plan régional de développement de la main-d'oeuvre (PRDMO),
de même que des CLD et des CRD.
Ministère
de l'Éducation et ministère des Relations avec les citoyens et
de l'Immigration
- Arrimer le mandat d'intégration
à la société québécoise du ministère
des Relations avec les citoyens et de l'Immigration et le mandat de la francisation
du ministère de l'Éducation à l'intention des nouvelles
arrivantes et des nouveaux arrivants, en tenant compte de leur scolarisation
et de leurs besoins de mise à niveau, dans une optique d'employabilité
ou de poursuite des études.
- Rendre public un énoncé
d'orientation sur la francisation des personnes immigrantes.
Table
des matières
Orientation
Les priorités
établies dans la présente politique nécessitent un ajustement
du financement à l'intérieur du ministère de l'Éducation
et le partage de certains coûts sur une base gouvernementale.
Exposé
de la situation
La diversité
des modes d'allocation des ressources selon les ordres d'enseignement
Les modes
d'allocation des ressources, notamment en matière de formation continue,
varient considérablement d'un ordre d'enseignement à l'autre,
en fonction d'une logique interne qui ne permet pas toujours de saisir la cohérence
de l'ensemble du système. Par exemple, des mesures financières
d'incitation à la réussite sont mises en place pour certaines
populations et pas pour d'autres; les taux de réussite n'interviennent
pas toujours dans le calcul du financement : certains programmes donnent
droit à un financement en fonction de l'effectif réel, alors que
d'autres doivent composer avec un plafond préétabli.
Le financement
de la formation continue au collégial et les règles budgétaires
pour la formation générale et pour la formation professionnelle
des adultes au secondaire devraient normalement évoluer vers une gestion
globale des fonds destinés à l'enseignement ordinaire et à
la formation continue. Une telle évolution serait d'ailleurs cohérente
avec les orientations ministérielles en matière de décentralisation
et d'autonomie locale. D'autre part, étant donné que la culture
de la formation continue n'est pas solidement enracinée au Québec
et que les services d'éducation des adultes demeurent fragiles dans certains
milieux, une visibilité particulière doit être assurée
aux services existants de ce secteur de formation.
Les adultes inscrits
à temps partiel
Étant
donné leurs obligations professionnelles et familiales, bon nombre d'adultes
ayant opté pour la formation continue n'ont d'autre choix que d'étudier
à temps partiel. En plus des contraintes d'horaires, les droits de scolarité
ainsi que les frais de garde représentent des débours importants
pour bon nombre d'entre eux dont le revenu est peu élevé.
Une aide financière
aux études
Le 1er avril
1998, l'ensemble des mesures de formation offertes par l'intermédiaire
de l'assurance-emploi a été rapatrié au Québec et
a été remplacé par la mesure de Soutien individuel à
la formation. De plus, depuis le 1er juin 1998, cette mesure
remplace les autres mesures de formation destinées aux prestataires de
la sécurité du revenu. Au ministère de l'Emploi et de la
Solidarité, c'est Emploi-Québec qui a la responsabilité
de ce dossier.
Il importe
de préciser que le ministère de l'Emploi et de la Solidarité
continuera d'offrir et de payer, au sens du Règlement sur l'aide financière
aux études, la formation pour une portion importante des prestataires,
notamment celles et ceux de l'assurance-emploi. Le fait que l'ensemble des besoins
des personnes qui fréquentent les établissements d'enseignement
où la gratuité scolaire s'applique soit couvert par ce ministère
devrait réduire le nombre de demandes d'aide; les personnes inscrites
à la mesure «étudiant indépendant» et qui fréquentaient
un tel établissement étaient admissibles à l'aide financière.
En ce qui
a trait aux personnes qui fréquenteront des établissements où
la formation n'est pas entièrement subventionnée, pour lesquelles
le ministère de l'Emploi et de la Solidarité n'assumera pas la
couverture de l'ensemble des besoins, leur situation est semblable à
celle des personnes qui bénéficiaient de la mesure « étudiant
indépendant ». À cet égard, les personnes devraient
être admissibles aux prêts et bourses pour l'année 1998-1999
et les prestations versées dans le cadre du Soutien individuel à
la formation devraient être considérées comme des revenus
d'emploi.
Le défi de
l'alphabétisation
Parce que
ce phénomène peut hypothéquer l'avenir des individus et
de la société, il faut accroître et diversifier les efforts
pour réduire l'analphabétisme. Les sommes qui sont réaffectées
pour répondre à cette priorité devront permettre d'augmenter
les effectifs qui fréquentent les services d'alphabétisation,
et ce, en collaboration avec d'autres partenaires.
Une aide financière
à l'éducation populaire
Le ministère
de l'Éducation accorde, depuis plus de dix ans, un soutien financier
aux groupes populaires par l'entremise de deux programmes particuliers de formation
: le Programme de soutien à l'alphabétisation populaire autonome
(PSAPA) et le Programme de soutien à l'éducation populaire autonome
(PSEPA).
De 1993-1994
à 1997-1998, les subventions sont passées de 9 300 000 $
à 14 000 000 $, permettant ainsi d'augmenter le nombre
de groupes accrédités de 757 à 922.
Cependant,
la réponse aux besoins maintes fois exprimés par les groupes d'éducation
populaire, qui est essentielle pour qu'ils puissent jouer leur rôle éducatif,
passera nécessairement par la révision du cadre financier actuel,
permettant de ce fait l'analyse et le réajustement des montants accordés.
Les collaborations
en matière de financement
Le ministère
de l'Éducation n'est pas le seul à intervenir dans le domaine
de la formation continue, loin de là. Plusieurs autres ministères
et organismes partagent avec lui cette mission et il importe que chacun y contribue
financièrement. Dans cet ordre d'idées, il faudra évaluer,
dans le cadre du rapatriement des fonds fédéraux de l'assurance-emploi,
quelle part devrait servir à répondre aux besoins de la formation
continue et quelles en seront les modalités.
Table
des matières
Axe
d'intervention privilégié : reformuler les modalités
du financement ministériel et du financement gouvernemental en fonction
des priorités établies
Engagements
ministériels
- Maintenir le niveau de
financement actuellement affecté à la formation continue.
- Rendre admissibles les
personnes qui bénéficient du Soutien individuel à la
formation et dont les besoins ne sont pas entièrement couverts par
cette mesure, au Programme de prêts et bourses, aux conditions en vigueur
actuellement pour les personnes admissibles à la mesure «étudiant
indépendant» en vertu de l'assurance-emploi, et ce, à compter
de 1998-1999.
- Convenir, en matière
de reconnaissance des acquis à l'enseignement collégial et à
l'enseignement secondaire, de rechercher avec les partenaires intéressés
comment favoriser l'atteinte des inscriptions nécessaires pour augmenter
le volume d'activités à mettre en place et quant à l'émergence
de lieux d'expertise par domaine de formation, et ce, afin d'en arriver à
un niveau de coût acceptable.
- Ajuster le financement
aux priorités suivantes :
- alphabétisation;
- aide financière
aux études à temps partiel;
- formation continue
au collégial.
- Revoir le cadre financier
actuel de l'éducation populaire.
- Mieux soutenir les obligations
des commissions scolaires et des établissements d'enseignement en matière
de services d'accueil et de référence et de services d'accueil
et d'aide.
- Implanter, de concert
avec ses partenaires, des mécanismes de reddition de comptes, notamment
en ce qui concerne la reconnaissance des acquis par les établissements.
- Prévoir, dans
les mécanismes de reddition de comptes à implanter, l'obligation
de distinguer des autres activités les activités relatives à
la formation continue.
Ministère
de l'Éducation et ministère de l'Emploi et de la Solidarité
Éléments
d'une politique gouvernementale
- Conclure des ententes,
notamment avec le ministère de l'Emploi et de la Solidarité,
afin qu'il soutienne, dans le cadre des mesures d'employabilité, l'offre
pour les individus qui désirent se faire reconnaître des acquis
extrascolaires sans viser l'obtention d'un diplôme officiel ou sans
avoir à satisfaire aux conditions d'admission aux programmes.
- Convenir de modes de
financement en matière de cheminement de transition des mesures passives
vers les mesures actives.
- Rendre disponible aux
établissements d'enseignement publics une enveloppe budgétaire
permettant d'offrir une formation qualifiante aux adultes qui ont un emploi
précaire dans les petites et moyennes entreprises.
Table
des matières
Orientation
Étant donné
l'ampleur des investissements en jeu et l'importance d'une gestion adéquate
de la formation continue, il y a lieu de se doter d'indicateurs ministériels
et gouvernementaux pour mesurer les progrès accomplis.
Exposé
de la situation
Des indicateurs
de réussite liés à des situations variées
Appliquer
à la situation des adultes des indicateurs de réussite conçus
pour les élèves de la formation initiale ne permet pas de traduire
fidèlement la réalité. Ainsi, de nombreuses personnes suivent
quelques cours pour se perfectionner, mais sans ambitionner de décrocher
un diplôme. De même, la fréquentation scolaire à temps
partiel, qui paraît incontournable pour plusieurs en raison de leurs obligations
professionnelles ou familiales, a nécessairement un effet sur l'allongement
des études et sur la probabilité d'obtenir un diplôme dans
les délais prévus. Enfin, les personnes qui poursuivent leurs
études en vue d'améliorer leurs chances de trouver un emploi,
notamment dans le cadre de programmes d'employabilité, peuvent être
contraintes de les abandonner avant la fin du parcours, pour des raisons qui
tiennent davantage à leur réussite dans la recherche d'un emploi
qu'à leur échec sur le plan scolaire. Comparer les résultats
des adultes à ceux des jeunes, sans plus de nuances, pourrait conduire
à évaluer injustement le rendement des adultes et l'efficacité
des services éducatifs qui leur sont actuellement offerts. D'ailleurs,
à ce sujet, le système scolaire dispose de peu de données
sur la satisfaction des adultes relativement aux services dispensés.
Il est essentiel
de disposer d'indicateurs de réussite adéquats, car ceux-ci fournissent
au système d'éducation une rétroinformation sur l'efficacité
de ses interventions, à partir de laquelle des correctifs peuvent être
apportés aux situations qui posent des problèmes. Pour que les
adultes puissent, eux aussi, prendre le virage du succès, des changements
s'imposent à plusieurs égards.
Table
des matières
Axe
d'intervention privilégié : élaborer des indicateurs
variés pour mesurer la réussite
Engagement
ministériels
- Établir un système
de collecte et d'analyse de données relativement aux formations qui
ne débouchent pas sur la délivrance d'un diplôme.
- Mettre en place un système
de déclaration en ce qui a trait aux diplômes délivrés
dans le cadre des programmes d'établissement.
- Demander à la
Commission d'évaluation de l'enseignement collégial d'examiner,
dans les limites de son mandat, la qualité de la formation dans les
établissements d'enseignement collégial, dans le contexte de
la libéralisation prochaine des attestations d'études collégiales.
- Faire en sorte que soient
incluses, dans les rapports annuels des cégeps, les données
relatives à la nature des services offerts, à la fréquentation
scolaire, au financement et à la réussite éducative.
- Obtenir des indications
sur la satisfaction des populations étudiantes adultes au regard des
formations suivies.
Table
des matières
Orientation
La réponse aux besoins
multiples et changeants des adultes et la réforme de l'éducation
entraînent la révision des programmes offerts à la formation
générale et à la formation professionnelle et technique
des adultes ainsi qu'à la formation initiale et continue des enseignantes
et des enseignants et, selon le cas, la création de nouveaux programmes.
Exposé
de la situation
La formation générale
Conformément
à l'Énoncé de politique éducative11,
la révision des curriculums du primaire et du secondaire conduit nécessairement
à celle des programmes d'études offerts à la formation
générale des adultes. Le Ministère a toujours eu le souci
d'empêcher toute forme de cloisonnement entre le secteur des jeunes et
celui des adultes; il vise plutôt à ce que le passage d'un secteur
à l'autre s'effectue le plus harmonieusement possible.
Dans le
cadre de cette révision des programmes, il faut tenir compte d'autres
facteurs. On pense notamment à un nouveau portrait démographique
du Québec qui impose, tant aux personnes nées ici qu'à
celles venant de l'extérieur de la province, le développement
de nouvelles valeurs et attitudes. C'est pourquoi, comme il est mentionné
dans la Politique d'intégration scolaire et d'éducation interculturelle12,
il faudra ajuster les programmes d'études de la formation générale
des adultes de manière à y intégrer de nouveaux objectifs
touchant les rapports interculturels et les apports qui en découlent.
Dans un
autre ordre d'idées, l'importance grandissante des médias nécessite
l'élaboration de cours dans ce domaine. En effet, la télévision,
la radio, la vidéo, les publications écrites sont aujourd'hui
à la portée de toutes et de tous, mais sont souvent consommées
de façon passive. Il est primordial de développer à leur
égard un sens critique, de les utiliser pour actualiser les connaissances
et être en mesure de partager l'information afin d'en faire des outils
dynamiques pour l'exercice des rôles de parents, de consommatrices et
de consommateurs, de citoyennes et de citoyens.
La formation professionnelle
et technique
En formation
professionnelle et technique, la perspective de la formation continue implique
que les programmes de formation initiale permettent, à la fois, la transférabilité
des compétences acquises et l'adaptation de ces compétences aux
besoins du marché du travail. Le processus actuel d'élaboration
et de révision des programmes, qui ne fait pas de distinction entre les
programmes offerts aux jeunes et aux adultes, s'inscrit déjà dans
la poursuite de ce double but.
Afin d'y
parvenir, le processus de révision des programmes s'appuie sur une grande
concertation entre les milieux de l'éducation et du travail. La participation
du marché du travail est assurée, tout au long du processus, par
des travailleuses et des travailleurs, spécialistes des métiers
et des professions auxquels les programmes préparent, et par la prise
en considération des avis des comités sectoriels intéressés.
La facture
«par compétences» des programmes facilite les efforts d'adaptation
rapide de ces programmes aux besoins évolutifs du marché du travail.
En outre,
la révision de l'ensemble des programmes fournit l'occasion d'assurer
la plus grande harmonisation possible de l'offre de services. Cette harmonisation
devrait, à terme, permettre d'éviter les duplications et les détours
inutiles lors de changements d'orientation.
Ajoutons
que le dispositif de révision des programmes prévoit déjà
que les établissements d'enseignement peuvent élaborer et mettre
en oeuvre des programmes qui répondent à des besoins bien ciblés
de perfectionnement ou de recyclage de la main-d'oeuvre. Les difficultés
résident dans le financement de l'élaboration même de ces
programmes.
Table
des matières
Premier
axe d'intervention privilégié : réviser les programmes
d'études actuels et, le cas échéant, concevoir de nouveaux
programmes
Engagement
ministériels
- Procéder à
la révision des curriculums de l'enseignement secondaire, à
la formation générale, selon l'Énoncé de politique
éducative et la Politique d'intégration scolaire et d'éducation
interculturelle, notamment en ce qui concerne l'éducation à
la citoyenneté ainsi que l'utilisation et l'apport des médias.
- Poursuivre la révision
des programmes de formation professionnelle et technique dans la perspective
de l'éducation tout au long de la vie.
- Poursuivre les efforts
de concertation avec les partenaires pour assurer la meilleure adéquation
des programmes avec les besoins du marché du travail.
- Intégrer la notion
de formation continue, comme un concept d'éducation tout au long de
la vie, dans les programmes de formation à l'intention de la population
du secteur des jeunes.
- Introduire des objectifs
sur l'éducation interculturelle dans les programmes offerts par les
établissements d'enseignement collégial et particulièrement
dans les programmes menant à des professions s'exerçant en relation
directe avec le public.
La formation des
enseignantes et des enseignants
La révision
des curriculums du primaire et du secondaire fournit aussi une bonne occasion
de réviser les programmes de formation initiale des enseignantes et des
enseignants et d'y intégrer la perspective de l'éducation tout
au long de la vie. En effet, les compétences acquises dans ces programmes
devraient permettre au personnel enseignant d'intervenir efficacement tant auprès
des adultes que des jeunes. Cela suppose qu'il effectue des apprentissages en
rapport avec les exigences particulières de l'intervention auprès
d'adultes et fasse obligatoirement des stages dans les deux secteurs (jeunes
et adultes). Cette formule paraît préférable à la
création de deux programmes de formation distincts, selon que l'on se
destine à l'enseignement aux jeunes ou aux adultes. Elle comporte aussi
l'avantage de faciliter la mobilité du personnel enseignant d'un secteur
à l'autre, dans des conditions de nature à garantir la qualité
de l'intervention pédagogique ou andragogique.
Pour le
personnel enseignant actuellement en exercice, il importe de s'assurer d'un
perfectionnement adéquat, advenant le passage d'un secteur à l'autre.
Et, toutes et tous en conviennent, il n'est pas souhaitable que le principe
de la qualification légale et l'obligation de formation qui en découle
s'appliquent à l'éducation populaire.
Table
des matières
Second
axe d'intervention privilégié : garantir la polyvalence du
personnel enseignant et la mise à jour des connaissances
Engagement
ministériel
- Réviser les programmes
de formation des enseignantes et des enseignants, en collaboration avec les
universités, afin de leur permettre d'intervenir tant à la formation
initiale qu'à la formation continue.
- Rendre disponible une
offre de perfectionnement conforme à la révision et à
la création de nouveaux programmes d'études.
Table
des matières
Orientation
La recherche en formation
continue est essentielle aux actions à poser en matière d'accessibilité
des services et elle doit être liée à l'expression des besoins
de tous les acteurs et partenaires.
Exposé
de la situation
La recherche
au Ministère nécessite une meilleure vision d'ensemble. Les activités
de recherche, bien que les contenus soient pertinents, sont en grande partie
axées sur la connaissance des populations inscrites et la gestion des
services. Il y a peu d'activités de recherche évaluative et de
recherche fondamentale, notamment sur les causes et les effets de l'analphabétisme,
ce qui brouille les avenues à explorer.
La recherche
sur les styles d'apprentissage des adultes, le transfert des apprentissages,
les environnements de formation, l'encadrement de la formation à distance,
l'évaluation des pratiques andragogiques et la reconnaissance des acquis,
pour ne nommer que ces thèmes, pourraient grandement contribuer à
l'amélioration de la formation continue.
La volonté
de décentralisation, inscrite dans la refonte de la Loi sur l'instruction
publique, et celle d'accroître l'autonomie des établissements d'enseignement
supposent que ces derniers aient l'éclairage nécessaire pour bien
cerner les besoins des populations qu'ils ont à servir. À cet
égard, la recherche est un outil essentiel, tant pour orienter le développement
organisationnel que pour bien cerner les besoins des populations et renouveler
les pratiques des agentes et des agents d'éducation.
De plus,
bien qu'il y ait eu progrès dans le nombre de projets de recherche, cette
activité demeure encore le parent paoeuvre de l'alphabétisation.
Compte tenu de la réduction des budgets et des problèmes liés
à la baisse de l'effectif, les commissions scolaires et les groupes d'alphabétisation
populaire se concentrent davantage sur la prestation de services et la sensibilisation
des publics en vue de la formation. Malgré quelques initiatives heureuses
et structurées, la recherche en alphabétisation est dans l'ensemble
fragmentée, d'inégale valeur, et il y a encore peu de lien entre
la recherche spécialisée et la pratique. Il y a encore moins de
projets de recherche centrés sur l'évaluation des interventions.
Enfin, on ne dispose pas de données détaillées sur les
capacités de lecture des adultes québécois, dans le cadre
de l'Enquête internationale sur l'alphabétisation des adultes,
et les données tirées du recensement sont encore largement sous-utilisées.
Table
des matières
Axe
d'intervention privilégié : soutenir la recherche à
tous les ordres d'enseignement
Engagements
ministériels
- Encourager la recherche-action,
la recherche multidisciplinaire et la recherche universitaire, notamment en
alphabétisation et dans le domaine des technologies de l'information
et de la communication.
- Soutenir la collaboration
avec d'autres chercheurs, plus particulièrement celles et ceux des
communautés francophones.
- S'assurer qu'un fonds
pour la recherche et le développement pédagogique pourra être
constitué afin de soutenir les initiatives des acteurs engagés
dans la formation continue.
- Demander au Fonds concerté
d'aide à la recherche (FCAR) de mettre sur pied, pour une durée
de quatre ans, un programme thématique sur la recherche-innovation
en formation continue.
- Veiller à ce que
le Programme d'aide à la recherche pour l'enseignement et l'apprentissage
(PAREA) au collégial tienne compte des besoins de recherche en
formation continue.
Dans le présent
projet de politique, on a tenté de clarifier les orientations et de préciser
les engagements du ministère de l'Éducation en matière
de formation continue. Les besoins sont considérables, les actions à
entreprendre pour y répondre sont nombreuses, variées, et certaines
sont pour le moins pressantes. Outre des engagements du Ministère, ces
actions sollicitent la participation active de tous les ministères et
acteurs sociaux et économiques déjà concernés par
la formation continue.
C'est donc
à un chantier collectif que ce projet de politique convie : il est à
la mesure des défis de formation continuels et renouvelés qui
attendent tous les adultes. Il commande que les établissements et les
ministères assument, le plus solidairement possible, leurs responsabilités
respectives. La consultation qui s'ooeuvre précisera les voies de cette
solidarité.
Table
des matières
Avant que puissent
être tracées les voies d'action contenues dans le présent
projet de politique de la formation continue, il était essentiel de prendre
en considération l'expertise du milieu de l'éducation et celle
de ses différents partenaires. Pour ce faire, en 1997, un comité
ministériel secondé par un comité-conseil composés
de personnes-ressources intéressées par la formation continue
ont été mis sur pied.
M.
Alain Mercier, président
Direction de la formation générale des adultes |
Mme
Michèle Berthelot, secrétaire
Direction de la formation générale des adultes |
Mme Diane Charest
Direction de la recherche |
M. Jacques Couture
Direction régionale de Québec Chaudière-Appalaches |
Mme Sylvie Demers
Direction générale de la formation professionnelle et technique |
Mme Barbara
Goode
Direction des services à la communauté anglophone |
M. Marc Leduc
Direction de la formation générale des adultes |
M. Michel Mailhot
Direction générale du financement et des équipements |
M. Lino Mastriani
Direction de la formation générale des adultes |
M. Roger Murray
Direction de l'enseignement et de la recherche universitaires |
Mme Lili Paillé
Direction des affaires éducatives collégiales |
Mme Claudette
Rhéaume
Direction de l'enseignement collégial |
Mme Laila Valin
Direction générale de la formation professionnelle et technique |
|
Table
des matières
Annexe
2
M.
Alain Mercier, président
Direction de la formation générale des adultes |
Mme
Michèle Berthelot, secrétaire
Direction de la formation générale des adultes |
M.
Antonio Bernardelli
coordonnateur de l'éducation des adultes
Commission scolaire Jérôme-Le Royer |
M.
Marcel D'Amboise
conseiller pédagogique
Commission scolaire de Rivière-du-Loup |
M.
Claude Hardy
Conférence religieuse canadienne
Section Québec |
M.
Robert Martin
étudiant
Faculté d'étude permanente, Université de Montréal |
M.
Pascal Nadon
coordonnateur de l'éducation des adultes
Cégep André-Laurendeau |
M.
Pierre Paradis
directeur du Service de l'éducation des adultes
Commission scolaire du Centre de la Mauricie |
Mme
Solange Tougas
Groupe d'alphabétisation DÉCLIC |
M.
Gilles Tremblay
conseiller pédagogique
Cégep Marie-Victorin |
Mme
Thérèse Trottier
agente de recherche
Société québécoise de développement de la main-d'oeuvre |
Mme
Lina Trudel
directrice générale
Institut canadien d'éducation des adultes |
| 1. |
Ce texte est
adapté de la Déclaration de Hambourg sur l'éducation
des adultes qui date de juillet 1997. |
| 2. |
MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION,
L'école, tout un programme. Énoncé de politique
éducative, 1997, p. 15. |
| 3. |
Ces données contiennent
uniquement les sommes payées par le Ministère. |
| 4. |
Ces données proviennent
d'Emploi-Québec et sont provisoires. |
| 5. |
CONSEIL DES COLLÈGES,
L'éducation des adultes dans les cégeps, minestère de
l'Éducation du Québec, mars 1991, 131 p. |
| 6. |
Voir L'université
devant l'avenir. Perspectives pour une politique gouvernementale à l'égard
des universités québécoises. Document de consultation. Québec,
Les Publications du Québec. |
| 7. |
En 1995-1996, plus du tiers
des garçons (33,6 p. 100) ont quitté l'école sans obtenir
leur diplôme d'études secondaires, contre 20,8 p. 100 des filles.
Par ailleurs, le retard scolaire au primaire touche davantage les garçons
(28 p. 100) que les filles (18 p. 100); voir les Indicateurs 1991 et les Indicateurs
1996 et 1997, ministère de l'Éducation du Québec. |
| 8. |
MINISTÈRE DE LA
CULTURE ET DES COMMUNICATIONS, La culture : en pantoufles et en souliers vernis.
Rapport d'enquête sur les pratiques culturelles au Québec, Québec,
Les Publications du Québec, 1997. |
| 9. |
Claude ST-GERMAIN, La
scolarité de la population adulte des principales communautés culturelles
du Québec en 1991, ministère de l'Éducation du Québec,
Direction des statistiques et des études quantitatives, 1996. |
| 10. |
Un référentiel
est un ensemble d'éléments qui sert de repère pour établir
ou reconnaître une réalité, par exemple des compétences
contenues dans un programme d'études, des exigences particulières
rattachées à une qualification professionnelle. |
| 11. |
MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION,
L'école, tout un programme. Énoncé de politique éducative,
Québec, 1997, 40 p. |
| 12. |
MINISTÈRE DE L'ÉDUCATION,
Politique d'intégration scolaire et d'éducation interculturelle,
Québec, 1998. |
|