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Prendre
le virage
du succès
L'ÉCOLE,
TOUT UN PROGRAMME
Énoncé
de politique éducative
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MESSAGE
DE LA MINISTRE
LES MISSIONS
DE L'ÉCOLE
LES CHANGEMENTS
AU CURRICULUM
DES DISPOSITIFS
À AJUSTER
SUIVI ET ÉVALUATION
DE LA RÉFORME
CONCLUSION
C'est
avec beaucoup de plaisir et d'espoir que je présente à nos
partenaires du monde de l'éducation et à l'ensemble de la population
cet énoncé de politique éducative qui précise et
explique les changements dont fera l'objet l'école primaire et secondaire
du Québec au cours des prochaines années. Ces changements, il
faut bien le dire, s'imposaient depuis quelque temps déjà, pour
prendre le virage du succès.
Ce virage consiste à
passer de l'accès à l'éducation du plus grand nombre d'élèves
au succès du plus grand nombre. Nous nous sommes d'ailleurs fixé
des objectifs exigeants à cet égard. Il n'y a donc pas lieu de
remettre à demain. Il convient au contraire de décider maintenant
ce qu'apprendront les enfants du Québec pour affronter les défis
de leur siècle. Nous sommes ici au coeur même de la réforme
: les programmes d'études, les parcours ou cheminements scolaires et
l'organisation de l'enseignement, bref, ce qu'on appelle le curriculum au sens
large.
Les choix que traduit cet
énoncé de politique sont conformes, j'en ai la conviction profonde,
aux attentes de la population à l'endroit de l'école. Ces choix
ont mûri au fil d'un long processus d'analyse, de consultations publiques,
de débat public et, plus récemment, grâce à la réflexion
plus approfondie du Groupe de travail sur la réforme du curriculum :
Réaffirmer l'école, qui constitue
une référence pour la politique éducative que je mets de
l'avant. En outre, ces choix correspondent pour l'essentiel à ceux que
font présentement la plupart des pays occidentaux, en matière
de contenus d'enseignement, mais ils tiennent compte de notre contexte culturel
propre.
Quelles sont les raisons
qui motivent ces choix, remettent en question la mission de l'école et
appellent une révision des contenus de formation ? D'abord, dans une
société où les savoirs occupent et occuperont une place
centrale, tous les élèves doivent pouvoir accéder à
la maîtrise de savoirs essentiels, et même de savoirs complexes,
mais en premier lieu à la maîtrise des savoirs élémentaires,
et cela, au moment approprié. Ensuite, les élèves doivent
se préparer à l'exercice d'une citoyenneté responsable,
qui se construit par la transmission et le partage de valeurs communes. Enfin,
les élèves doivent être sensibilisés aux défis
mondiaux qui ont des répercussions dans toutes les sociétés,
en acquérant progressivement des capacités de réfléchir
et d'agir qui transcendent les modes ou les intérêts individuels.
C'est principalement en répondant à ces exigences que l'école
favorise l'égalité des chances et l'intégration sociale.
Cependant, des conditions
doivent être réunies pour que ces changements puissent améliorer
la qualité de l'éducation. Elles concernent l'instauration d'une
culture de la rigueur, de l'exigence et de l'effort de même que l'aménagement
d'une organisation scolaire qui soutienne et accompagne les élèves
dans leurs apprentissages.
C'est donc Tout un programme
que je propose pour les élèves et pour l'école. Le personnel
enseignant est sur la première ligne des changements attendus. Le leadership
des directeurs et des directrices d'école sera davantage mis à
contribution. Je fais appel à leur collaboration, de même qu'au
soutien des parents et de toute la communauté pour réaliser solidairement
ce programme, dans chaque milieu.
La ministre de l'Éducation,
Pauline Marois
© Gouvernement du Québec
Ministère de l'Éducation, 1997 -- 97-0533
ISBN 2-550-32172-3
Dépôt légal -- Bibliothèque nationale du Québec,
1997
Pour conduire les élèves
à la réussite, l'école a besoin de l'appui de toutes les
Québécoises et de tous les Québécois, jeunes et
adultes. Mais cet appui ne lui sera accordé que si les missions qui lui
sont confiées sont connues et font consensus. Sinon, l'ambiguïté
persistera et l'école continuera de se voir adresser des demandes qui
risqueront de la distraire de son objectif. Il importe donc de mieux définir
le champ d'action de l'école.
INSTRUIRE, avec une volonté
réaffirmée
L'école a une fonction
irremplaçable en ce qui a trait à la transmission de la connaissance.
Réaffirmer cette mission, c'est donner de l'importance au développement
des activités intellectuelles et à la maîtrise des savoirs.
Dans le contexte actuel de la société du savoir, la formation
de l'esprit doit être une priorité pour chaque établissement.
SOCIALISER, pour apprendre
à mieux vivre ensemble
Dans une société
pluraliste comme la nôtre, l'école doit être un agent de
cohésion : elle doit favoriser le sentiment d'appartenance à la
collectivité, mais aussi l'apprentissage du «vivre ensemble».
Dans l'accomplissement de cette fonction, l'école doit être attentive
aux préoccupations des jeunes quant au sens de la vie; elle doit promouvoir
les valeurs qui fondent la démocratie et préparer les jeunes à
exercer une citoyenneté responsable; elle doit aussi prévenir
en son sein les risques d'exclusion qui compromettent l'avenir de trop de jeunes.
QUALIFIER, selon des
voies diverses
L'école a le devoir
de rendre tous les élèves aptes à entreprendre et à
réussir un parcours scolaire ou à s'intégrer à la
société par la maîtrise de compétences professionnelles.
Pour qu'elle remplisse cette mission, l'État doit définir le curriculum
national de base, et les établissements doivent offrir des cheminements
scolaires différenciés selon les intérêts et aptitudes
de chaque élève, particulièrement au-delà de l'éducation
de base. Il est temps d'accorder une attention plus soutenue à l'orientation
des élèves et de réhabiliter la formation professionnelle
comme voie normale de scolarisation.
Pour que les changements
retenus améliorent la qualité des apprentissages des élèves,
il faut modifier l'environnement éducatif à l'intérieur
duquel ils doivent se produire. Une fois instauré l'environnement souhaité,
il faut enrichir les contenus de formation, préciser les apprentissages
fondamentaux, déterminer des compétences transversales qui concernent
tous les programmes d'études, procéder à une meilleure
organisation de l'enseignement, simplifier et clarifier le contenu des programmes
d'études et revoir leur mode d'élaboration.
L'ENVIRONNEMENT
ÉDUCATIF RECHERCHÉ
Les changements qui sont
apportés au contenu et à l'organisation de la formation doivent
obéir à des principes et se situer dans une perspective qui favorise
la réussite de tous les élèves. À cet égard,
il faut réunir certaines conditions.
Mettre l'accent sur l'essentiel
Il faut, dans les programmes
d'études, évacuer tous les éléments accessoires
qui y ont été graduellement ajoutés, afin de conserver
et de consolider les apprentissages essentiels. Ces apprentissages essentiels
sont ceux dont dépend le succès ou l'échec des élèves
: la maîtrise de la langue maternelle et d'une langue seconde, la maîtrise
des éléments principaux des mathématiques, la connaissance
de son histoire, l'initiation aux langages artistiques, l'appropriation de la
base des sciences et l'acquisition de méthodes de travail. Ces savoirs
fondamentaux, compétences méthodologiques et habiletés
intellectuelles constituent la priorité de l'école, et ce, dès
le début du primaire. Sont aussi indispensables d'autres aptitudes et
comportements relatifs au développement personnel et à la vie
en société qui seront proposés soit dans des programmes
d'études particuliers, soit dans l'ensemble de la formation donnée
à l'école et dans la vie scolaire quotidienne.
Rehausser le niveau culturel
des programmes d'études
Le contenu culturel du «menu
scolaire»; doit être enrichi. Les changements en ce sens emprunteront
trois voies. Premièrement, une meilleure place sera réservée
aux matières plus «naturellement» porteuses de culture, telles
que les langues, les arts et l'histoire. Deuxièmement, on favorisera
une approche culturelle pour enseigner ces matières. Par exemple, un
bagage de littérature et d'histoire littéraire doit accompagner
l'apprentissage de la langue; l'éducation artistique doit faire connaître
à l'élève le théâtre, la musique, la peinture,
la danse ou les arts visuels afin de lui donner de nouvelles clés pour
comprendre la réalité; l'histoire doit faire découvrir
aux élèves les productions, les modes de vie et les institutions
qui caractérisent une époque. Ainsi en est-il des productions
culturelles rattachées à toutes les disciplines. Troisièmement,
pour que cette perspective ne soit pas laissée à la seule initiative
personnelle des enseignants et enseignantes, la révision des programmes
d'études prévoira explicitement l'intégration de la dimension
culturelle dans les disciplines.
Introduire plus de rigueur
à l'école
L'école doit être
exigeante, si elle veut amener les élèves à la réussite
: ses exigences doivent être connues et doivent être admises des
élèves, du personnel enseignant et des parents. De plus en plus
d'élèves doivent les atteindre. Par conséquent, il faudra
que chaque établissement scolaire se préoccupe, à cet égard,
des élèves plus faibles, plus lents et de ceux qui apprennent
différemment, en leur proposant des stratégies d'apprentissage
appropriées et des mesures d'aide et de soutien adéquates.
Mais ces exigences, dans
l'école, doivent aussi être présentes dans les principales
composantes du curriculum national :
- Dans la grille-matières.
L'élève doit réaliser le sérieux du menu proposé,
la signification des apprentissages qu'il a à faire.
- Dans les programmes
d'études. Les objectifs doivent être clairs et les exigences,
les progressions d'une classe ou d'un cycle à un autre et les liens
avec les autres disciplines doivent être explicites. Par ailleurs, des
séquences seront établies pour toutes les matières afin
d'indiquer la progression des apprentissages et d'éviter les répétitions
inutiles, mais surtout afin de favoriser la cohérence et l'intégration
des apprentissages.
- Dans les modes d'évaluation.
Le progrès des élèves doit être évalué
régulièrement; les moyens utilisés pour faire les évaluations
(travaux, épreuves, tests) et pour rendre compte des résultats
(feuille de route, relevé de notes, bulletin) doivent être justes,
rigoureux et compréhensibles par les élèves et leurs
parents.
- Dans le matériel
didactique. Les manuels scolaires et le matériel mis à la
disposition des élèves doivent être d'une grande rigueur
scientifique et proposer aux élèves des démarches d'apprentissage
qui font appel à leur curiosité et à leur plaisir de
la découverte.
Enfin, les exigences de
l'école s'appliquent aussi au travail scolaire, aux devoirs, aux leçons
et au temps d'étude personnel.
Accorder une attention
particulière à chaque élève
L'école doit faire
la guerre à l'échec scolaire. Il ne suffit plus que l'école
soit ouverte à tous : elle doit transmettre à chaque élève
la meilleure formation possible et accompagner chacun dans son cheminement scolaire.
Les membres du personnel scolaire doivent partager la conviction que tout enfant
est éducable s'il dispose des moyens nécessaires et qu'il est
capable d'acquérir des connaissances plus complexes qu'on ne le croit
souvent. Aussi, les élèves qui ont des difficultés ou un
handicap se verront offrir toutes les occasions pour développer le plus
possible leurs talents et leurs aptitudes. Cet accompagnement, s'il est constant
et approprié, empêchera leur exclusion.
Assurer aux élèves
les bases de la formation continue
Le curriculum doit intégrer
une réalité désormais incontournable : celle du renouvellement
rapide des connaissances. Les élèves doivent donc être préparés,
dès l'école de base, à l'exigence de la formation continue
et doivent acquérir les rudiments et les méthodes qui leur permettront
de continuer à apprendre et l'impulsion qui les poussera à le
faire. Les préoccupations qui suivent doivent, par conséquent,
inspirer le renouvellement du curriculum :
- favoriser, chez l'élève,
le développement de l'activité intellectuelle, en mettant de
l'avant une pédagogie de la découverte et de la production plutôt
qu'une pédagogie qui mise sur la consommation des connaissances;
- éveiller chez
l'élève la curiosité intellectuelle et l'habituer à
s'interroger et à confronter ses idées avec celles de ses camarades
de classe ou de ses enseignants ou enseignantes;
- accorder une attention
à l'intégration des savoirs, c'est-à-dire à la
capacité d'établir des liens entre les connaissances et de les
réorganiser.
Mettre l'organisation
scolaire au service des élèves
L'aménagement des
diverses composantes du curriculum doit permettre aux enseignants et enseignantes
d'exercer leur autonomie et leur compétence professionnelles et de prendre
des décisions à incidence pédagogique en fonction des intérêts
des élèves. C'est pourquoi, notamment, la facture et le contenu
des programmes d'études et des instruments d'évaluation, les règles
et pratiques relatives à la sanction des études et au bulletin
scolaire, de même que les activités de formation continue du personnel
enseignant doivent prévoir la marge de manoeuvre nécessaire à
leur intervention professionnelle et à l'exercice de leur jugement. Même
le découpage de l'horaire des élèves et l'utilisation du
temps scolaire doivent se faire en fonction de la nature des apprentissages
à réaliser, plutôt qu'en vertu de normes uniformisées.
LES
CONTENUS DE FORMATION
Les apprentissages essentiels
doivent assurer la maîtrise des savoirs fondamentaux par tous les élèves.
Aucune raison ne justifie qu'un élève ne sache lire ou écrire
au terme de sa formation de base.
Ces apprentissages essentiels
se définissent par les grands domaines d'apprentissage disciplinaires
et par les compétences transversales.
LES
GRANDS DOMAINES D'APPRENTISSAGE DISCIPLINAIRES
Il importe de préciser
les grands domaines d'apprentissage qui doivent apparaître dans le curriculum
ainsi que les intentions générales à privilégier
pour chacun de ces champs, de façon à indiquer des balises en
vue de la révision des programmes d'études. Ces cinq domaines
sont : les langues; la technologie, les sciences et les mathématiques;
l'univers social; les arts; le développement personnel.
Les langues
La langue maternelle
(ou langue d'enseignement) doit occuper la première place à l'école
: sa maîtrise est indispensable. On l'apprend pour communiquer, bien sûr,
mais aussi parce qu'elle est l'une des composantes principales du patrimoine.
Notre langue ouvre la porte à tous les apprentissages, notamment à
la lecture qui, elle, permet l'accès aux oeuvres littéraires.
La langue seconde
et les langues tierces seront également favorisées à
cause de la dualité linguistique vécue dans le contexte nord-américain
et, aussi, des phénomènes de mondialisation et de communication
universelle. Il est de plus en plus reconnu, d'ailleurs, que l'étude
d'autres langues permet d'acquérir une meilleure maîtrise de sa
propre langue en la confrontant avec d'autres, et que l'enfant en bas âge
a le plus de facilité pour apprendre une langue, quelle qu'elle soit.
La technologie, les sciences
et les mathématiques
La technologie, c'est
l'ensemble des moyens inventés et utilisés pour produire ce qui
est nécessaire à la survie et au confort des personnes. Le développement
technologique est partout et l'élève doit y être initié
très tôt pour comprendre le monde dans lequel il vit.
Les sciences constituent
l'une des manifestations les plus significatives des productions culturelles
humaines. Les élèves devront donc être initiés aux
démarches de l'esprit propres à la science : le questionnement,
l'observation méthodique, le tâtonnement, la vérification
expérimentale, l'élaboration de modèles. Puis, sans transformer
les cours de sciences en cours d'histoire des sciences, il faut montrer, à
partir d'exemples historiques, le processus vivant de la science en constante
évolution. Enfin, il faut que les élèves soient amenés
à comprendre les problèmes éthiques que posent les progrès
de la science.
Sans les mathématiques,
des pans entiers de l'univers deviennent inaccessibles et incompréhensibles.
Il faut donc connaître et savoir pratiquer ces modes de calcul, puisque
c'est tout l'environnement journalier qui requiert l'utilisation du langage
mathématique. Calculer, mesurer, estimer, résoudre des problèmes
sont des opérations de la vie quotidienne. Certains savoirs mathématiques
sont des savoirs élémentaires au même titre que la lecture
et l'écriture. Pour comprendre un graphique ou des statistiques, il est
essentiel de savoir lire et interpréter les données quantitatives
sous toutes leurs formes. Enfin, la dimension culturelle des mathématiques
doit faire partie de leur étude.
L'univers social
À l'école,
il faut doter les élèves d'outils qui leur permettent de vivre
dans une société où les rapports humains sont plus complexes
qu'autrefois. L'évolution rapide de ce dernier demi-siècle s'est
traduite par une complexification croissante des formes et du fonctionnement
des organisations sociales.
L'enseignement de l'histoire
et de l'éducation à la citoyenneté, de la géographie
et de l'économie doit permettre aux élèves de comprendre
les institutions, de connaître et de comprendre l'être humain comme
être social, de leur faire découvrir les racines du présent,
de les ouvrir à l'histoire du monde, de les initier à l'univers
des marchés financiers et à celui des activités industrielles
et commerciales. L'enseignement des sciences humaines doit être ouvert
aux autres sociétés du monde et mettre justement l'accent sur
leur interdépendance croissante. Les principaux repères chronologiques
de notre histoire et de l'histoire du monde ainsi que les principaux repères
spatiotemporels doivent être bien maîtrisés, donc mémorisés,
et l'acquisition de ces repères devra être vérifiée
périodiquement. Dans le contexte québécois, l'enseignement
de l'histoire prend une signification plus grande, compte tenu de la nécessité
de s'ouvrir à la culture des autres et de confronter diverses lectures
de notre passé.
Les arts
L'enseignement des arts
joue un rôle particulier dans le développement de la sensibilité
et de l'intelligence de l'élève ainsi que dans sa formation culturelle
et sociale. En lui donnant le goût de la création artistique et
en lui faisant découvrir les oeuvres dans leur diversité, il développe
chez l'élève l'ouverture à d'autres dimensions de la réalité.
Pour que l'enseignement des arts produise ses effets :
- il doit initier les élèves
aux langages et aux formes de pensée qui favoriseront le développement
de leur créativité; il doit également leur donner les
connaissances que suppose une telle pratique et doit les conduire à
la création artistique;
- il doit faire découvrir
et comprendre aux élèves des créations et des oeuvres
de leur environnement artistique et culturel actuel. Il doit donc conduire
les élèves à la fréquentation des lieux culturels
et à des rencontres avec les créateurs et créatrices;
- il doit enfin mettre
les élèves en présence de créations artistiques
du patrimoine culturel de l'humanité et de leur propre pays et leur
donner les connaissances qui leur permettent de les interpréter et
de les comprendre.
L'enseignement des arts
doit s'ouvrir à toutes les formes d'expression artistique, mais deux
d'entre elles doivent généralement constituer l'enseignement de
base commun : les arts plastiques et la musique, d'abord comme langages universels,
mais aussi comme voies d'accès à la création.
Le développement
personnel
Toutes les activités
vécues dans une école tendent vers le développement personnel
de l'élève. Mais, dans les programmes d'études, la découverte
des valeurs est d'abord confiée à certaines matières, l'enseignement
moral et l'enseignement religieux. La connaissance de la présence
permanente du fait religieux doit faire partie de l'enseignement moral de façon
à ce que les élèves qui ne reçoivent pas l'enseignement
religieux ne soient pas ignorants de l'une des composantes importantes de notre
civilisation. La préoccupation de l'éducation aux valeurs n'intéresse
toutefois pas que ces deux matières. Elle touche aussi d'autres disciplines
comme la littérature, les sciences, les techniques, les disciplines de
l'univers social, et elle fait aussi partie des compétences transversales
dont on tient compte dans les autres matières ou disciplines, ou dans
certaines activités se déroulant à l'école. Par
exemple, la participation des élèves à l'organisation de
la vie étudiante et à des activités parascolaires est une
occasion formidable de mettre en pratique les valeurs apprises.
Il faut aussi ajouter l'éducation
physique et l'éducation à la santé. Pour maintenir
la préoccupation de la condition physique, il faut intégrer très
tôt dans les habitudes de vie de l'élève : l'hygiène,
le sport, la connaissance des fonctions physiologiques, la diététique
et la discipline d'alternance entre le travail et les loisirs. Ces savoirs sont
eux aussi des savoirs élémentaires et fondamentaux. Tout le monde
à l'école doit s'en préoccuper.
LE
DOMAINE DES COMPÉTENCES TRANSVERSALES
L'école devra aussi
poursuivre l'acquisition de compétences et, dans certains cas, d'attitudes
qui ne relèvent pas du domaine exclusif de l'enseignement des disciplines
et qui doivent donc être présentes dans l'ensemble des activités
éducatives organisées par l'école : ce sont les compétences
transversales. Elles peuvent être définies selon les quatre
catégories suivantes :
- les compétences
intellectuelles : l'école doit mieux préparer les élèves
au travail intellectuel; par exemple, exercer la mémoire, entreprendre
un projet et le mener à terme, développer le sens critique,
apprendre à communiquer;
- les compétences
méthodologiques : chaque enseignante ou enseignant devra avoir
le souci d'apprendre aux élèves à organiser un travail,
à travailler en équipe ou en coopération; tous les élèves,
à l'école, devront aussi développer leur capacité
à utiliser les méthodes appropriées de traitement de
l'information, en particulier les nouvelles technologies de l'information
et de la communication (NTIC);
- les compétences
liées aux attitudes et aux comportements : l'école
proposera une éducation au «vivre ensemble» et, notamment,
l'éducation interculturelle et le respect des différences, l'entrepreneurship,
l'éducation au respect de l'environnement, l'éducation aux médias,
les règles liées à la conservation de la santé;
- les compétences
linguistiques : la maîtrise de la langue doit être une
préoccupation dans toutes les disciplines et pour tout le personnel
enseignant.
Ces compétences transversales
seront intégrées dans le programme scolaire de deux façons
:
- le contenu de certaines
d'entre elles se rattache à des disciplines; il sera donc intégré
dans les programmes d'études;
- mais d'autres compétences
transversales intéressent toutes les disciplines. Ces compétences
seront donc consignées dans un fascicule, différent pour le
primaire et pour le secondaire, le «Programme des programmes»,
s'adressant à tout le personnel enseignant ainsi qu'aux membres du
personnel professionnel de l'école qui ont des responsabilités
éducatives auprès des élèves.
L'ORGANISATION
DE L'ENSEIGNEMENT À L'ÉCOLE
Le parcours que constitue
l'enseignement obligatoire comprend deux étapes bien distinctes : une
formation de base commune, qui va de la première année du primaire
à la fin du premier cycle du secondaire, puis une formation diversifiée,
au second cycle du secondaire.
Ce parcours est traduit
dans un curriculum national.
LA FORMATION DE BASE COMMUNE
La formation de base commune
à tous les élèves va de la première année
du primaire à la fin du premier cycle du secondaire, c'est-à-dire
la neuvième année. On doit y inclure désormais l'éducation
préscolaire, qui est offerte à temps plein à tous les
élèves de 5 ans, à la fois pour soutenir leur développement
global et pour accorder à chacun les mêmes chances à l'entrée.
L'enseignement primaire
Les buts de l'école
primaire. L'école primaire doit permettre à chaque élève
de faire les apprentissages de base qui contribueront au développement
progressif de son autonomie intellectuelle et d'aborder les savoirs qui lui
seront proposés par l'école secondaire. Tout en acquérant
les savoirs de base essentiels, l'élève doit entreprendre formellement
l'apprentissage des méthodes de travail qui lui seront indispensables
pour ses études ultérieures et commencer à s'initier à
d'autres contenus de formation ainsi qu'aux caractéristiques principales
de la société et aux valeurs qui doivent y être promues.
Les cycles de l'école
primaire. L'école primaire sera découpée en trois cycles
de deux ans chacun de façon à :
- échelonner l'enseignement
selon des étapes pluriannuelles qui correspondent mieux à la
psychologie de l'enfant et aux stades de son développement;
- permettre d'établir
le rythme d'une année de savoirs nouveaux et d'une année de
consolidation; effectuer plus tôt l'évaluation de fin d'étape
rendant ainsi plus efficaces les mesures de remédiation prises pour
contrer le redoublement; il faut de plus trouver des solutions de remplacement
au redoublement qui fige l'élève dans un sentiment d'échec
sans pour autant toucher au fond du problème;
- favoriser et encourager
la constitution d'équipes restreintes d'enseignantes et d'enseignants
qui suivraient les mêmes élèves pendant deux ans, ou qui,
du moins, assumeraient ensemble l'enseignement du programme d'un cycle.
Les accents nouveaux.
L'importance relative de certaines matières sera modifiée de manière
à souligner de façon particulière la place réservée
à certains apprentissages :
- au premier cycle du primaire,
une importance plus grande devra être accordée à l'enseignement
et à l'apprentissage de la langue d'enseignement (et particulièrement
de la lecture et de l'écriture) et des mathématiques;
- le français,
langue seconde, continuera d'être enseigné dès la
première année. Les écoles seront encouragées
à continuer à utiliser le mode d'immersion, que plusieurs d'entre
elles ont déjà adopté. Ainsi, un programme d'enseignement
du français par immersion sera élaboré et prévu
au Règlement concernant le régime pédagogique du primaire
qui sera amendé à cet effet;
- l'enseignement de l'anglais,
langue seconde, débutera plus tôt, soit en troisième
année; de plus, le Ministère et les milieux scolaires sont invités
à explorer différents modèles d'organisation de l'enseignement
de l'anglais, langue seconde, et à adopter des pratiques pédagogiques
innovatrices, afin de favoriser un apprentissage qui réponde mieux
aux attentes de la population à cet égard;
- un accent nouveau sera
donné à l'enseignement de l'histoire dès la 3e
année et l'éducation à la citoyenneté sera
également intégrée dans cet enseignement;
- l'enseignement des arts
continuera d'être obligatoire dès la 1re année
et il sera principalement centré sur la musique et sur les arts plastiques.
Toutefois, cela ne devrait pas avoir pour effet d'empêcher les écoles
qui ont déjà établi une tradition dans l'enseignement
de la danse ou de l'art dramatique de la conserver si elles le souhaitent.
Par ailleurs, les écoles sont fortement encouragées à
offrir, en dehors du temps d'enseignement, des activités dans tous
les domaines artistiques.
Les programmes seront mis
à jour de façon à déterminer clairement les CONTENUS
ESSENTIELS auxquels s'ajouteront des contenus d'enrichissement. Les écoles
qui choisiront d'offrir ces contenus d'enrichissement pourront, au besoin, augmenter
le temps d'enseignement prévu pour cette matière.
Temps non alloué
et organisation de l'enseignement. Les disciplines prescrites doivent être
offertes à chacune des années et, à la fin de chaque cycle,
les contenus essentiels des programmes de chaque matière doivent être
réalisés. L'école pourra organiser l'enseignement pour
augmenter ou diminuer le temps prévu de l'une ou l'autre des matières,
pour la réalisation d'un programme local ou d'un projet particulier ou
pour certaines activités relatives aux services complémentaires.
Temps prescrit et temps
indicatif. Le temps qui doit être consacré chaque année
à l'enseignement moral et religieux confessionnel est prescrit par les
règlements des comités catholique et protestant du Conseil supérieur
de l'éducation. Le temps prévu pour les autres matières
est indicatif.
Temps comparé.
Les choix faits au regard des matières essentielles tiennent compte du
temps d'enseignement qui est disponible, à l'heure actuelle, pour les
élèves du primaire. On sait que ce temps est inférieur,
au Québec, à celui dont disposent les élèves dans
plusieurs provinces canadiennes et dans d'autres pays. Cet écart est
toutefois moins grand pour l'enseignement secondaire.
Le premier cycle de l'enseignement
secondaire
Les buts du premier cycle
de l'enseignement secondaire. Le premier cycle de l'enseignement secondaire,
d'une durée de trois ans, sera uniforme pour tous les élèves,
puisqu'il a pour but de compléter la formation de base commune. C'est
une période d'approfondissement au cours de laquelle sont également
proposés aux élèves des apprentissages plus structurés
dans les différents domaines du savoir, afin de favoriser leur orientation
graduelle vers le second cycle.
Les accents nouveaux
au premier cycle de l'enseignement secondaire. Certaines modifications importantes
sont apportées quant à la place que doivent occuper certaines
disciplines dans la grille-matières :
- le temps consacré
au français, langue d'enseignement, sera augmenté et
les enseignants et enseignantes de français s'adresseront, par conséquent,
à un moins grand nombre d'élèves. Ils pourront ainsi
faire davantage écrire leurs élèves et assurer un meilleur
suivi des travaux de chacun;
- le nombre d'unités
attribuées pour les cours de français, langue seconde,
sera augmenté, passant de quatre à six, et ce, pour chacune
des années du premier cycle;
- le nombre d'unités
attribuées pour les mathématiques en troisième
secondaire passera de quatre à six;
- une attention accrue
sera portée à l'histoire, dorénavant enseignée
à chaque année, et qui comportera des notions d'éducation
à la citoyenneté;
- une nouvelle séquence
de sciences sera introduite de la première à la troisième
secondaire, intégrant l'enseignement de la technologie;
- l'enseignement d'une
troisième langue sera formellement introduit comme cours à
option dès la troisième secondaire. Cet enseignement sera toutefois
possible dès la première ou la deuxième secondaire pour
les élèves qui satisfont avant le temps aux exigences liées
à la langue seconde en vue de l'obtention du diplôme d'études
secondaires;
- le nombre d'unités
attribuées pour les matières à option en troisième
secondaire passe de 4 à 6. L'élève pourra choisir ses
cours à option dans au plus deux des quatre programmes suivants : Arts,
Technologie, Langue moderne ou programme local.
Une formation diversifiée
: le second cycle de l'enseignement secondaire
Le second cycle de l'enseignement
secondaire comprend deux années d'études soit, la quatrième
et la cinquième secondaire.
Les buts du second cycle
de l'enseignement secondaire. Le second cycle du secondaire, d'une durée
de deux ans, a pour objectif la consolidation de la formation de base en établissant
un tronc commun d'apprentissages dans les matières de base, notamment
en langues et en mathématiques, mais aussi en histoire et éducation
à la citoyenneté, en connaissance du monde contemporain ainsi
qu'en sciences. Mais, il ouvre sur la diversification de la formation de base
et permet à ceux et celles qui le souhaitent d'acquérir une première
qualification professionnelle. Il faudra cependant donner suite aux expériences
de diversification qui se déroulent présentement dans de nombreux
milieux scolaires, pour préciser les paramètres de leur généralisation.
Les accents nouveaux
au second cycle de l'enseignement secondaire. Le second cycle du secondaire
ouvre sur la diversification de la formation de base, autant en formation générale
qu'en formation professionnelle :
- la plage totale des matières
à option passera de 16 unités à 24 unités.
À chaque année, l'élève ne devra pas choisir ses
matières à option dans plus de deux domaines disciplinaires.
Ces champs sont les langues, l'univers social, les sciences, les mathématiques
et la technologie, les arts, le développement personnel auxquels s'ajoute
la formation professionnelle;
- au second cycle du secondaire,
comme c'est déjà le cas en mathématiques et en sciences,
il y aura des programmes différenciés (i.e. de plus d'un
niveau de difficulté) en français et en anglais,
langues d'enseignement et langues secondes. Les programmes de niveau supérieur
comporteront un nombre d'unités plus élevé qui seront
prises à même les unités consacrées aux matières
à option;
- en quatrième secondaire,
le nombre d'unités attribuées pour le programme de base de mathématiques
passera de six à quatre de façon à équilibrer
l'ensemble des cours de mathématiques du secondaire. Un programme intermédiaire
de mathématiques sera introduit en quatrième et en cinquième
secondaire et les conditions particulières d'admission à certains
programmes de l'enseignement collégial pourraient être révisées
en conséquence;
- en cinquième secondaire,
un nouveau cours intitulé Connaissance du monde contemporain,
remplacera l'actuel cours d'éducation économique. Tout en offrant
aux élèves les contenus essentiels dans le domaine de l'économie,
ce cours aura pour objet de corriger les carences maintes fois observées
chez les finissants du secondaire en ce qui a trait à la géographie
et, surtout, à l'histoire du monde contemporain;
- le Régime pédagogique
de la formation professionnelle précisera les conditions régissant
la formation en concomitance (cours de formation générale et
cours de formation professionnelle) ainsi que les conditions de délivrance
du diplôme et les conditions du passage, le cas échéant,
à la formation collégiale.
La grille-matières
du second cycle de l'enseignemennt
LES
PROGRAMMES
Les programmes d'études,
pour chaque matière, et le «Programme des programmes», pour
les compétences transversales, sont au coeur même du curriculum.
D'une part, ils résultent de choix politiques au regard de ce qui doit
être enseigné à tous les élèves du Québec;
d'autre part, ils doivent permettre l'exercice de l'autonomie professionnelle
des enseignantes et des enseignants et leur processus d'élaboration doit
être plus transparent : curriculum national, marge de manoeuvre individuelle
et partenariat sont des réalités qu'il faut concilier. Les décisions
qui suivent peuvent être considérées comme des balises à
cet égard.
Les programmes d'études
La plupart des programmes
d'études du primaire et du secondaire seront révisés au
cours des prochaines années, soit pour être enrichis, soit pour
tenir compte des changements apportés à la grille des matières.
Quelques nouveaux programmes devront aussi être élaborés
à cause de l'introduction de nouvelles matières dans la grille.
Dans les deux cas, il faudra respecter les orientations suivantes : en ce qui
concerne la conception des programmes, tant pour le primaire que pour le premier
cycle du secondaire, les programmes d'études seront aménagés
par cycle; la dimension culturelle propre à une matière devra
être intégrée dans l'enseignement du programme; l'intégration
des nouvelles technologies de l'information et de la communication est également
prévue; la préoccupation d'adapter les programmes aux élèves
ayant un handicap ou éprouvant des difficultés d'apprentissage
devra être présente au début du processus d'élaboration.
Pour favoriser l'autonomie professionnelle du personnel enseignant : les choix
pédagogiques -- méthodes, stratégies, approches -- seront
laissés à sa discrétion et les programmes seront conçus
de façon à occuper environ 75 p. 100 du temps prévu afin
qu'il ait la marge de manoeuvre nécessaire pour en enrichir ou en adapter
les contenus selon les besoins des élèves. En ce qui a trait à
la présentation des programmes d'études, il est d'abord souhaitable
que le nombre d'objectifs soit limité et que les connaissances et compétences
à acquérir soient clairement exposées; le langage utilisé
sera également plus simple, plus clair et dépouillé de
tout jargon technique; par ailleurs, les programmes seront rédigés
dans une double perspective : l'une dite «verticale», qui présentera,
pour chaque discipline, l'ensemble des cours d'un programme donné, année
après année, afin d'en saisir la progression; l'autre dite «horizontale»,
qui présentera, pour chaque année ou chaque cycle, l'ensemble
des contenus de formation, afin d'en faire ressortir la cohérence interdisciplinaire;
enfin, chaque programme devra être édité dans un format
simplifié et synthétique à l'intention des élèves
eux-mêmes, des parents et du grand public.
Le «Programme des
programmes»
Les compétences transversales
seront réunies dans un document distinct, destiné à tous
les personnels scolaires qui ont une responsabilité éducative.
En effet, à des degrés divers, selon leur fonction ou selon la
discipline enseignée, tous les éducateurs et toutes les éducatrices
ont la responsabilité d'accompagner les élèves dans l'acquisition
de compétences ou d'attitudes constituant l'objet même de ce programme.
Essentiellement, le «Programme des programmes» précisera les
attitudes et habitudes positives qui doivent être acquises au regard du
travail intellectuel et de l'univers du savoir; mais il indiquera aussi les
compétences liées aux méthodes de travail, aux attitudes
et aux comportements adoptés dans la vie personnelle et dans la vie sociale
de même que celles qui sont liées à la maîtrise de
la langue.
Une Commission des programmes
d'études
Il faut marquer l'importance
accordée au renouvellement des programmes d'études en corrigeant
les lacunes constatées et maintes fois dénoncées : l'engagement
insuffisant des partenaires principaux de l'éducation; l'absence d'une
réflexion permanente sur l'évolution du curriculum; le cloisonnement
des disciplines et la multiplication démesurée des objectifs à
l'intérieur même des programmes.
Une Commission des programmes
d'études sera donc constituée, en vertu d'un amendement à
la Loi sur l'instruction publique. Elle aura le mandat d'établir les
encadrements généraux de l'élaboration et de la révision
des programmes d'études, notamment en s'appuyant sur les orientations
déja annoncées et d'assurer la cohérence de l'ensemble
de ce processus. Organisme consultatif, la Commission donnera des avis à
la ministre et lui fera des recommandations sur la conception générale
des contenus de formation. Ces avis et recommandations seront rendus publics,
et l'autorité ministérielle continuera de s'exercer à l'égard
de l'approbation des orientations générales et du contenu de chacun
des programmes, dans un curriculum qui demeure national. Ainsi, la Commission
des programmes d'études formulera des recommandations relativement à
l'élaboration et à la révision de tous les programmes d'études
et sur toute question relative aux contenus d'enseignement; elle alimentera
une réflexion permanente sur le curriculum. Enfin, tout en favorisant
l'expertise scientifique en matière de curriculum, la composition de
la Commission assurera une large place aux personnels scolaires, plus particulièrement
aux enseignants et aux enseignantes.
L'ÉVALUATION
DES APPRENTISSAGES ET LA SANCTION DES ÉTUDES
L'évaluation est
l'une des principales composantes du curriculum. Puisque l'école doit
être recentrée sur l'essentiel, qu'il faut y introduire plus de
rigueur et qu'elle doit être, plus et mieux, le foyer du développement
des compétences intellectuelles et méthodologiques, certaines
pratiques d'évaluation doivent être revues et corrigées.
Le diplôme décerné à la fin des études secondaires
doit être reconnu, tout comme il doit être recherché et obtenu
par le plus grand nombre.
UNE POLITIQUE RENOUVELÉE
D'ÉVALUATION
DES APPRENTISSAGES
La politique ministérielle
d'évaluation des apprentissages, qui date de 1981, sera renouvelée
sur la base des orientations suivantes :
- Le bilan des apprentissages.
L'école doit tout mettre en oeuvre pour éviter l'accumulation
des retards scolaires qui, trop souvent, sont la cause de redoublement, d'échec
et d'abandon des études. Elle devra mettre l'accent sur le bilan des
apprentissages à la fin de chaque cycle du primaire et du secondaire
et prévoir des mesures de remédiation et de soutien pour tous
les élèves qui en ont besoin.
- L'évaluation
à la fin du premier cycle de l'enseignement secondaire. Le premier
cycle de l'enseignement secondaire marque la fin de la formation de base qui
est commune à tous les élèves et constitue la porte d'entrée
pour le second cycle, plus diversifié, où des choix commencent
à s'offrir aux élèves. Il est donc important de s'assurer
que les apprentissages de base sont bien maîtrisés. Par conséquent,
à la fin de la troisième secondaire, sera prévu un moment
fort de l'évaluation des apprentissages, une sorte de bilan qui portera
à la fois sur les contenus disciplinaires et sur les compétences
transversales, quitte à évaluer celles-ci à partir de
productions concrètes.
- La nature et la forme
des instruments de mesure. Les critiques à l'égard des examens
«objectifs» sont suffisamment sérieuses pour qu'on recherche
un meilleur équilibre entre cette forme d'examen et d'autres formes
qui demandent aux jeunes d'écrire, d'expliciter leur pensée,
de motiver leur point de vue et de démontrer leurs solutions aux problèmes,
et qui favorisent le développement de la rigueur et des compétences
intellectuelles en général, en plus d'encourager l'apprentissage
et la correction de la langue écrite. Le Ministère se préoccupera
aussi de cette exigence dans les épreuves qui sont sous sa responsabilité.
- L'évaluation
de la qualité de la langue écrite. Les examens seront des
occasions privilégiées de promouvoir l'apprentissage, l'usage
et la correction de la langue écrite. Dans toutes les épreuves
d'examen et dans tous les travaux écrits, un certain pourcentage des
points sera réservé à la qualité de l'écriture.
- Le bulletin scolaire.
Le bulletin scolaire est le principal moyen de communication entre l'école
et les parents pour faire le point sur les progrès des élèves.
C'est donc dire l'importance qu'il faut lui accorder puisque l'engagement
des parents est l'un des facteurs primordiaux de la réussite des enfants
à l'école. Les orientations retenues concernant le bulletin
scolaire sont les suivantes : quatre bulletins au minimum seront produits
durant l'année; la présentation devra être simple, claire
et facilement accessible aux parents et aux élèves; l'école
pourra déterminer, après consultation, d'autres modalités
de communication avec les parents, en outre du bulletin scolaire. La politique
d'évaluation des apprentissages devra statuer sur des questions relatives
au traitement des épreuves ministérielles, telles la modération
et la conversion.
UNE SANCTION CONSOLIDÉE
DES ÉTUDES SECONDAIRES
La sanction des études
est un mécanisme qui permet à un État de reconnaître
la scolarité réussie, par la délivrance d'un titre officiel
-- attestation, certificat ou diplôme -- à la personne qui satisfait
aux exigences fixées; une reconnaissance sociale, variable, est attachée
à chacun des titres. Les diverses actions inhérentes à
la sanction des études sont généralement liées aux
objectifs suivants :
- s'assurer que le titre
officiel est délivré partout selon les mêmes conditions
et les mêmes exigences;
- s'assurer que les cours
prescrits par l'État et les objectifs obligatoires fixés dans
les programmes d'études sont respectés par les écoles
et les enseignants et enseignantes;
- obtenir des données
quantitatives et qualitatives sur le rendement individuel et collectif des
candidats et des candidates.
Les nouvelles règles
de délivrance du diplôme d'études secondaires
Le Régime pédagogique
du secondaire sera modifié pour que le diplôme d'études
secondaires (DES) soit dorénavant délivré à l'élève
qui a satisfait à l'exigence suivante :
avoir accumulé au
moins 60 unités de 4e et 5e secondaire sur un total
minimal possible de 72, dont obligatoirement les suivantes :
- langue d'enseignement
de 5e secondaire;
- langue seconde de 5e
secondaire;
- mathématiques
de 5e secondaire (ou d'un cours jugé équivalent de
4e secondaire);
- sciences physiques de
4e secondaire;
- histoire et éducation
à la citoyenneté de 4e secondaire.
Des pratiques renouvelées
touchant la sanction des études secondaires
Des épreuves uniques
seront administrées par le ministère de l'Éducation
dans les matières suivantes : français ou anglais, langue d'enseignement
écrite de 5e, mathématiques de 4e et de
5e, sciences physiques de 4e, histoire et éducation
à la citoyenneté de 4e, connaissance du monde contemporain
de 5e, chimie et physique de 5e, langues secondes de 5e.
De façon à
bien marquer l'importance qui doit être accordée à l'apprentissage
du français, il faudra revoir les pondérations actuelles des diverses
composantes de cet apprentissage (lecture, écriture et communication
orale) et prendre les mesures nécessaires pour qu'on ne puisse obtenir
la note de passage en français si des faiblesses inacceptables persistent
en lecture ou en écriture.
Enfin, les modalités
de correction des épreuves ministérielles seront révisées
de façon à redonner son importance au jugement du personnel enseignant.
LE
MATÉRIEL DIDACTIQUE
Le matériel didactique
-- et le manuel scolaire au premier chef -- joue un rôle important dans
la vie de l'élève. Il conditionne largement l'enseignement et
l'apprentissage et il véhicule nombre de valeurs. Voilà pourquoi,
ici comme dans les autres provinces et les autres pays, un système d'évaluation
et d'approbation ministérielle a été mis en place pour
garantir que le matériel didactique est conforme aux programmes d'études
en vigueur et qu'il respecte différents critères «sociaux».
Ce système, qui existe depuis une vingtaine d'années, doit être
ajusté aux exigences nouvelles posées par l'évolution du
curriculum.
En effet, dans un contexte
où tous reconnaissent, d'une part, qu'il faut laisser plus d'autonomie
à ceux et celles qui interviennent auprès des élèves
et que, d'autre part, les possibilités suscitées par les nouvelles
technologies de l'information vont bientôt remettre en question les fonctions
actuelles du matériel didactique, et particulièrement du manuel
scolaire, certaines pratiques doivent être ajustées en conséquence.
Ainsi, le Ministère
reverra, dans le but de les alléger, les éléments d'encadrement
relatifs à l'évaluation et à l'approbation du matériel
didactique, notamment :
- la définition
même de «matériel de base», pour tenir compte des nouveaux
supports technologiques, ainsi que le contexte dans lequel est exercée
aujourd'hui la profession enseignante;
- les critères --
pédagogiques, éditoriaux et sociaux -- sur lesquels repose l'évaluation
des manuels scolaires;
- le statut des ouvrages
de référence courants (grammaires, dictionnaires, atlas, etc.).
Le Ministère confiera
à un comité consultatif, formé des partenaires intéressés,
la responsabilité de garantir la fiabilité et la rigueur du processus
d'évaluation des ressources didactiques et de recommander à la
ministre l'approbation de celles-ci. La ministre conservera cependant son pouvoir
d'approbation.
LA
FORMATION INITIALE ET LA FORMATION CONTINUE DU PERSONNEL ENSEIGNANT
On ne saurait trop insister
sur le rôle capital du personnel enseignant dans la mise en oeuvre de
changements substantiels aux programmes d'études. Certains des changements
qui font l'objet du présent énoncé sont importants et ils
seront implantés graduellement au cours des années, si certaines
conditions préalables sont remplies, dont plusieurs touchent la formation
initiale et la formation continue du personnel enseignant.
La formation initiale
du personnel enseignant
Pour l'essentiel, les orientations
et les éléments du présent énoncé de politique
vont dans le sens des objectifs de fond de la réforme de la formation
des maîtres qui a été amorcée il y a quelques années
: formation intégrée, importance de la culture générale
et maîtrise de la langue d'enseignement. Toutefois, compte tenu d'une
approche renouvelée -- grands domaines d'apprentissage disciplinaires,
compétences transversales -- le Ministère, avec les partenaires
concernés, passera donc en revue les orientations ministérielles
qui encadrent la formation initiale du personnel enseignant et les actualisera,
si nécessaire.
Compte tenu des modifications
qui seront apportées aux grilles-matières du secondaire, il y
a lieu de revoir une partie de la formation des personnes qui sont présentement
inscrites dans certains programmes universitaires récemment renouvelés.
À la lumière des décisions annoncées dans la présente
politique et qui concernent les grilles-matières du secondaire, il faudra
procéder à une évaluation des programmes de formation déjà
agréés. Un mécanisme national d'agrément des programmes
existe d'ailleurs déjà à cette fin.
La formation continue
du personnel enseignant
Les organismes scolaires,
dont l'une des principales responsabilités consiste à assurer
la formation continue du personnel enseignant, devront être très
attentifs à lui offrir un soutien adéquat pour la mise en oeuvre
de cette réforme. Les principaux besoins à combler en matière
de formation continue sont liés aux éléments suivants :
- la mise à jour
des compétences disciplinaires pour l'enseignement des programmes d'études
modifiés;
- le perfectionnement d'une
partie des personnes qui enseignent une discipline dont la place est sensiblement
modifiée dans les grilles-matières du secondaire;
- une formation sur les
compétences transversales qui visent à développer la
capacité de transposer dans différents domaines d'activité
un savoir acquis dans un contexte particulier, afin d'aider les élèves
à faire ces mêmes apprentissages.
En tenant compte de la consultation
déjà menée auprès de ses principaux partenaires,
le Ministère rendra publiques de nouvelles orientations touchant la formation
continue du personnel enseignant. Il faut souligner qu'un comité d'orientation
de la formation du personnel enseignant est déjà mandaté
pour donner avis à la ministre sur ces questions.
La réforme des programmes
scolaires se fera sans précipitation, mais en gardant à l'esprit
qu'il faut procéder à des changements qui sont nécessaires
pour assurer aux jeunes la formation que requiert le monde dans lequel ils vont
évoluer. Et il ne faudra pas attendre encore vingt ans pour ajuster le
curriculum aux transformations que subit la société.
La mise en application des
nouvelles grilles-matières devra se faire, en bonne partie, conjointement
avec l'élaboration et l'implantation des nouveaux programmes d'études
dont l'échéancier sera proposé d'ici quelques mois par
la Commission des programmes d'études qui sera mise en place dès
cette année. Quant à l'implantation des nouveaux contenus de formation,
elle devrait débuter dès la rentrée de 1999 et être
complétée, au primaire, au terme de l'année scolaire 2002-2003
et au secondaire, à la fin de l'année scolaire 2005-2006.
Le Ministère examinera
aussi la possibilité que certains éléments de la réforme,
comme l'enseignement de l'histoire, puissent devancer ces échéances.
Il y aura lieu de faire
un suivi serré des différentes étapes à franchir
dans la mise en oeuvre de ces changements, de même qu'il faudra, au cours
des années qui viennent, évaluer leurs effets sur la formation
des jeunes et sur la qualité de leurs apprentissages.
Le Ministère devra
donc, dans les prochains mois, proposer des moyens pour faire, de façon
permanente, l'évaluation et le suivi des diverses étapes de la
réforme, de façon à pouvoir disposer d'une information
à jour sur :
- la réalisation
effective des éléments de la réforme;
- les effets de la réforme
sur la formation des jeunes;
- les éléments
du curriculum qui requièrent des ajustements.
Les orientations et les
décisions contenues dans l'énoncé de politique éducative
vont modifier considérablement la culture scolaire au cours des prochaines
années, c'est-à-dire : la qualité des apprentissages, le
niveau des exigences, l'organisation de l'enseignement.
À court terme, elles
vont entraîner des amendements à certains règlements et,
dans une moindre mesure, à certaines dispositions de la Loi sur l'instruction
publique. Quelques politiques seront actualisées et la plupart des programmes
d'études, modernisés.
Tous ces changements se
feront dans la plus grande transparence, avec le souci que l'ensemble de la
population y prenne intérêt et que les acteurs et actrices de la
scène éducative puissent contribuer, par leur expertise et par
leur dévouement, à la construction d'une école meilleure,
tout entière orientée vers la réussite des élèves.
Tout un programme, à
mettre en oeuvre maintenant!
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