LA RÉVISION DES PROGRAMMES D'ÉTUDES : AU COEUR DE LA RÉFORME DE L'ÉDUCATION
Québec, le 26 juin 1997 - La ministre de l'Éducation, Mme Pauline Marois, a réagi aujourd'hui très positivement au rapport du groupe de travail sur la réforme des programmes d'études (curriculum) mis sur pied en janvier dernier et présidé par M. Paul Inchauspé. «Il s'agit d'une réflexion approfondie qui se situe au coeur même de la réforme de l'éducation et dont les recommandations répondent largement aux attentes exprimées par la population, au cours des dernières années», a-t-elle déclaré.
Un nouvel équilibre dans les contenus
Trois choix fondamentaux relativement aux contenus d'enseignement ont été retenus. Le premier consiste à mettre l'accent sur les apprentissages de base, sur lesquels reposent tous les apprentissages ultérieurs. Conséquemment, le temps consacré au français et aux mathématiques sera augmenté dès la première année du primaire.
En deuxième lieu, les contenus d'enseignement feront l'objet d'un enrichissement culturel dans le choix des matières enseignées et du temps qui leur est consacré. Concrètement, cet enrichissement se traduira par l'augmentation des heures réservées au français, incluant la littérature, par l'augmentation des heures réservées à une langue seconde, qui sera enseignée plus tôt au primaire, et par l'accès à une troisième langue, dès le premier cycle du secondaire.
L'histoire sera enseignée dès le second cycle du primaire et à chaque échelon du secondaire. L'éducation artistique sera maintenue, de façon obligatoire, de la première année du primaire jusqu'à la fin de la deuxième secondaire et, par la suite, à titre d'option offerte à l'élève. D'autre part, tous les contenus d'enseignement relatifs à la science et à la technologie feront l'objet d'une intégration. Enfin, un contenu relatif à l'éducation à la citoyenneté sera implanté et la connaissance du phénomène religieux sera offerte à tous ceux et celles qui ne choisissent pas l'enseignement religieux.
Toutes ces matières seront enseignées de façon progressive, dans le respect des séquences prévues pour chacune, afin d'éviter la répétition inutile et de favoriser la cohérence ainsi que l'intégration de l'apprentissage. De plus, chaque matière sera enseignée selon une approche culturelle permettant de la situer dans un contexte plus global. Par exemple, l'enseignement de l'histoire permettra, au-delà des faits et des événements, de découvrir les productions, les modes de vie ainsi que les institutions caractéristiques d'une époque.
Enfin, le troisième choix fondamental qui a été retenu a pour objet de définir et de localiser, dans les matières enseignées, des compétences à acquérir qui transcendent la matière elle- même. Ces compétences sont d'ordre intellectuel, comme l'exercice de la mémoire, ou méthodologique, comme l'organisation du travail. Elles sont également liées à la maîtrise de la langue ou aux attitudes et aux comportements. Ces différentes compétences, dites transversales parce qu'elles se situent au-delà de la matière du cours, seront désormais intégrées aux matières enseignées.
La modification de la grille-matières
«L'enrichissement que nous visons exige que nous révisions en profondeur la grille-matières actuelle afin d'en éliminer l'encombrement, les dédoublements ainsi que le chevauchement de certains programmes», a déclaré la ministre. Ainsi, le cours d'économie familiale sera supprimé et le cours d'éducation au choix de carrière sera remplacé par des activités d'information, d'aide et d'orientation des élèves. Les cours de biologie, d'écologie et d'initiation à la technologie seront décloisonnés et intégrés à la nouvelle séquence de science et de technologie. Enfin, les contenus essentiels du cours de formation personnelle et sociale seront intégrés aux autres programmes, selon les sujets.
Une réorganisation axée sur la réussite de l'élève
«La réussite de l'élève constitue un objectif majeur et incontournable de la réforme de l'éducation et, pour l'atteindre, trois mesures structurantes seront retenues», a ajouté la ministre.
À l'enseignement primaire, la scolarité sera aménagée selon trois cycles de deux ans, afin d'améliorer l'intégration des programmes et d'éviter le redoublement des élèves. À l'enseignement secondaire, la réduction du nombre de matières et l'augmentation du temps consacré aux matières de base auront pour conséquence qu'un plus grand nombre d'enseignantes et d'enseignants rencontreront moins de groupes d'élèves, favorisant ainsi un encadrement plus personnalisé. Enfin, jusqu'en troisième secondaire, les élèves recevront une éducation de base commune alors que le second cycle du secondaire permettra une plus grande diversité dans les cheminements.
Faisant appel à toutes les personnes intéressées, pour effectuer solidairement le virage vers le succès, Mme Marois a affirmé «qu'une telle réforme engendre inévitablement des conséquences sur l'organisation du travail. Des mouvements de personnel, entraînant des obligations de recyclage et de mise à jour, sont donc à prévoir», a conclu la ministre qui a, par ailleurs, donné l'assurance que le nombre d'enseignantes et d'enseignants demeurera le même.
Un énoncé de politique en septembre
Plusieurs recommandations du groupe de travail seront incluses dans l'énoncé de politique qui sera publié à la rentrée scolaire et qui constituera l'assise de la politique éducative du Québec, pour les prochaines années. Cet énoncé présentera non seulement les recommandations retenues par la ministre, mais également d'autres éléments qui demandent une réflexion plus approfondie.
Christiane Miville-Deschênes
Attachée de presse
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