Linux dans le réseau scolaire québécois
Synthèse
Le présent rapport fait une synthèse de
quatre études portant sur le système d’exploitation Linux et sur
son utilisation dans le réseau scolaire québécois. On trouvera
copie de ces documents sur Internet à http://io.rtsq.qc.ca,
sous l’étiquette « Nouveau ».
Ces études visaient à éclairer le ministère de
l’Éducation sur l’utilisation de ce système d’exploitation,
tant pour ce qui est du serveur que de son utilisation en classe, à
des fins d’enseignement et d’apprentissage.
Les études sont les suivantes :
- Linux à l’école :
contexte et conditions d’implantation, une expérimentation
menée à la Commission scolaire de la Baie-James sous la
responsabilité de Pierre Drouin;
- Étude sur l’étendue des systèmes Linux au sein du réseau
québécois des commissions scolaires
,
une enquête réalisée par la Société GRICS sur l’utilisation
de Linux comme serveur;
- Linux dans les écoles primaires
et secondaires : état de la situation
, deux études réalisées
par Sonia Rioux.
Voici les grandes lignes qui s’en dégagent.
L’aspect quantitatif
Linux est peu utilisé dans le réseau scolaire.
Pour ce qui est des serveurs, environ le quart
des commissions scolaires utilisent des serveurs Linux, et ce, en
petit nombre.1 On dénombre 41 serveurs Linux dans ces commissions
scolaires, dont 32 sont installés dans des écoles.
Quant aux postes individuels utilisés à des
fins pédagogiques, qu’ils soient autonomes ou en réseau, nous
avons pu repérer 19 écoles ayant installé ce système d’exploitation
dans une ou plusieurs de leurs classes : 11 écoles primaires
et 8 écoles secondaires. Cela représente plus de 330
ordinateurs, très largement implantés en mode terminal.
Les utilisations de Linux
Serveurs
Les serveurs sont essentiellement utilisés
comme serveurs Web, routeurs ou serveurs FTP ou alors, à des
fins pédagogiques, comme serveurs de réseaux, serveurs de
fichiers ou pour l’hébergement de pages Web.
Pédagogie
Du côté de l’utilisation pédagogique
dans cet environnement informatique spécifique, les questions
soulevées sont : Est-il possible d’utiliser Linux?
Comment? Quels sont les avantages et les contraintes?
Au primaire, on utilise surtout l’accès
Internet (recherche et courriel), le traitement de texte et la
création de pages Web. Dans certaines classes, les utilisations
s’étendent marginalement au clavardage, au dessin, au tableur
et au serveur de fichiers.
Au secondaire, la situation est quelque peu
différente puisqu’on utilise Linux surtout comme serveur de
fichiers ou encore dans un environnement informatique de
programmation.
Toutes conditions étant égales, il ne
semble pas y avoir de problème sérieux pour une utilisation
pédagogique dans un environnement Linux au primaire. D’une
part l’interface est suffisamment semblable à celles de
Macintosh et Windows pour que le transfert se fasse et, d’autre
part, les outils de base sont disponibles (navigateur Internet,
suite bureautique, etc.). Les problèmes surviennent lorsque les
enseignants et enseignantes souhaitent utiliser des logiciels
bien précis ou des cd-rom.2 Il peut alors y avoir difficultés
ou impossibilités. Malgré ces problèmes, comme le signale le
rapport de la Commission scolaire de la Baie-James :
« C’est un compromis qui peut s’avérer, dans bien
des cas, acceptable. »
Pourtant, l’étude sur les utilisations
pédagogiques montre que les implantations Linux sont
fonctionnelles dans seulement cinq des dix-neuf écoles
recensées. Dans les autres écoles, la situation est souvent
précaire, sinon en voie de dégradation.
Une innovation précaire
Cette situation semble résulter des conditions
mêmes de l’implantation de Linux dans les écoles plutôt que
de la nature de ce système d’exploitation.
En effet, dans la très grande majorité des
cas, les processus d’implantation ont été lancés hors des
systèmes établis : initiatives d’individus ou de
compagnies, soutien par des bénévoles, des techniciens
autodidactes ou une compagnie non engagée officiellement. Bref,
dans des conditions précaires (nous ne parlons pas ici de
serveurs dans les commissions scolaires).
Ce processus s’apparente à un processus d’innovation
à ses débuts, là où l’exploration domine, sans modèle
établi, sans encadrement structuré. Un processus en mode de
prototypage, si l’on veut.
Dans de telles conditions, on constate des
effets néfastes :
Pourquoi Linux?
La motivation la plus claire, la plus explicite, tant du
côté des serveurs que du côté pédagogique, est l’économie. En
effet, la moitié des commissions scolaires qui utilisent des serveurs
Linux donnent comme raison principale l’économie réalisée.
Dans les écoles, on constate la même motivation. Le
choix du système Linux représente une économie relativement :
On comprend alors les incidences « pédagogiques »
de telles économies : plus de micro-ordinateurs pour les élèves.
L’expérimentation à la Commission scolaire de la
Baie-James a permis d’évaluer les économies possibles grâce au
système Linux.
Le choix de terminaux X Linux peut représenter une
économie de l’ordre de 50 à 75 % sur une architecture classique
(ordinateurs personnels autonomes reliés en réseau). L’économie
est de l’ordre de 39 à 65 % si l’on choisit Windows Terminal
Serveur de Microsoft.3 Lors de la
première année d’implantation, le choix du système Linux n’entraîne
pas d’économies appréciables puisqu’il faut assurer une formation
adéquate pour le soutien technique.
Outre le facteur économique, les utilisateurs de ce
système d’exploitation mettent de l’avant un certain nombre d’avantages :
Conclusions
À l’heure actuelle, le choix de Linux est
largement minoritaire dans le réseau scolaire québécois.
Toute proportion gardée, son utilisation en mode
serveur est plus répandu, mieux encadrée et tendrait à s’étendre.
Rappelons que ce choix relève de chaque commission scolaire.
Par contre, son utilisation en mode terminal, dans un
environnement pédagogique, apparaît beaucoup plus fragile et
difficile. Comme le fait remarquer Sonia Rioux dans son deuxième
rapport : « Les difficultés inhérentes à l’implantation
de Linux dans les écoles paraissent donc, à première vue, liées
davantage à la déficience de la structure de soutien technique qu’au
système en tant que tel. »
Devant de tels constats, la Direction des ressources
didactiques du ministère de l’Éducation a décidé de faire une
étude plus approfondie sur l’implantation de Linux en milieu
pédagogique. À cette fin, elle subventionne un projet d’implantation
dans plusieurs écoles d’une commission scolaire. Ce projet
structurant, soutenu par les services informatiques et pédagogiques de
la commission scolaire, devrait permettre de dégager une meilleure
compréhension du processus, de ses avantages comme de ses limites. Ce
projet sera aussi attentivement suivi sur le plan méthodologique.
Le rapport de cette nouvelle étude permettra de dégager des leçons
et des recommandations utiles à l’ensemble du réseau scolaire
québécois.
Notes
-
Cinquante-six commissions scolaires ont répondu à
l'enquête. Retour au texte
-
Il est possible de faire fonctionner
ces logiciels ou des cd-rom dans un environnement Windows qui cohabite
avec Linux, par exemple qu'on utiliseVMWare. Retour au texte
-
Les calculs ont été effectués en
fonction d'un laboratoire de 25 postes, à des prix éducatifs, en
considérant des situations optimales et minimales (récupération
d'ordinateurs fonctionnels ou non, etc.). Retour au texte
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